Dix-huit employés de la santé sont décédés du Covid-19 et plus d'une centaine sont diagnostiqués positifs au virus en Algérie. C'est ce qu'a indiqué le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, dans une déclaration à la radio chaîne 3, en réponse à une question relative à la prime qui sera attribuée aux travailleurs du secteur.

Interpellé sur la note émanant de son département invitant les gestionnaires des établissement de la santé à établir des listes du personnel le plus exposé au danger, afin de bénéficier de cette prime, le ministre, tout en se montrant ferme quant à la catégorie qui ouvre droit à ce soutien financier, a affirmé que 18 employés de la santé sont décédées du coronavirus en plus d'une centaine d'autres sont contaminées.

Il faut dire que le secteur de la santé en Algérie est frappé de plein fouet par la pandémie. Les chiffres communiqués par le ministère confirment ce constat affligeant et remet sur le tapis la problématique du manque de moyens de prévention dans le milieu hospitalier, censé être un rempart contre l'épidémie. Les personnels médical et paramédical, au premier rang de la lutte contre cette maladie, sont d'ailleurs montés au créneau à maintes reprises, pour protester contre le manque flagrant du matériel de protection contre le coronavirus.

"Ne bénéficieront de la prime que ceux qui la méritent"

Par ailleurs, il faut noter que la prime d'encouragement annoncée dernièrement par Tebboune au profit des staffs médicaux ne sera pas attribuée à tout le monde. La note envoyée aux structures sanitaires du pays l'indique clairement. Ainsi, des établissement bouillonnent et la démobilisation gagne du terrain, a-t-on fait remarquer au ministre. "Ce qui ferait la démobilisation, c'est de se retrouver avec des listes comprenant aussi bien ceux qui sont exposés au risque que ceux qui ne le sont pas. C'est ça qui créera la démobilisation et le bouillonnement", estime Benbouzid.

Ce dernier affirme, en outre, que seuls les travailleurs les plus méritants ouvrent droit à la prime exceptionnelle allouée par le gouvernement au personnel médical. "Nous savons très bien que dans cette situation, certaines parties du corps de la santé, par peur ou parce que leurs services n'ont pas été impliqués, ont pris un peu repos. Nous savons aussi que certains ont été en première ligne. Ils ont pris le risque, ils ont fait les gardes, ils ont travaillé. Ils ont été dans des services où des sujets ont été infectés. Ceux-là ont pris des risques", souligne-t-il.

Benbouzid a cité en substance les biologistes et les ambulanciers. "Ceux qui n'ont pas pris le risque ne peuvent pas être dedans. Ce n'est pas juste que ceux qui n'ont pas travaillé s'y trouvent. c'est une question de morale", a-t-il encore soutenu..

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