Alors que la pandémie du coronavirus a impacté tous les secteurs économiques, les marchés noirs de devises continuent à résister. Ce marché qui n’obéit pas à des règles économiques rationnelles pousse les experts à chercher les raisons de cette résistance. L’expert financier international, Omar Berkouk, a expliqué dans un entretien accordé, ce mercredi 22 avril, au site Maghreb Émergent les tenants et aboutissants de ce marché opaque.

Ainsi, pour Omar Berkouk « lorsqu’on parle de marché parallèle de la devise en Algérie, il n’y pas de macroéconomie qui tienne ». L’expert explique que le square est essentiellement alimenté via deux sources à savoir « le phénomène de la surfacturation issue de l’importation et les transferts de fonds de la diaspora ». Omar Berkouk indique que « le premier cas de figure a été frappé de plein fouet par les derniers événements politiques qui se sont produits au pays. Pas mal de barons de l’importation dont les activités frauduleuses maintenaient le Square sous perfusion de devises (Euro et dollar) sont actuellement en prison », a-t-il estimé.

« Ce phénomène s’est plus ou moins arrêté, car il n’est plus intéressant de rapatrier des devises en Algérie pour les convertir en investissements ou en commerce », précise-t-il, ajoutant que l’emprisonnement des barons a fait que « les vannes se referment et l’offre diminue sur le marché, parallèlement à la demande qui a largement reculé du fait des restrictions sur le transport aérien et le tourisme »

Rééquilibrage de l’offre et de la demande

L’expert affirme que le rééquilibrage de l’offre et de la demande a produit « un figement qui maintient le niveau de l’euro et du dollar sur le marché informel à des taux relativement élevés. Mais ce n’est en aucun cas lié à une quelconque appréciation de la monnaie algérienne face aux monnaies de référence, que ce soit au taux officiel ou officieux ». Il souligne que « si le taux officieux n’a pas été affecté c’est par ce que la demande n’a pas complètement disparu, contrairement à ce que l’on pourrait croire ».

Omar Berkouk explique que « pour des motifs d’épargne ou autre, les Algériens continuent d’acheter de la devise. Mais il faut comprendre qu’il s’agit d’une tendance qui ne peut s’expliquer de manière rationnelle, car la valeur de la monnaie, qui est constamment dévaluée pour faire face à l’inflation et les mécanismes de fixation du taux officiel et par extension l’officieux, n’obéissent pas à des facteurs macroéconomiques ».

En savoir plus : Algérie Bourse – Devises et taux de change du dinar algérien