Le marché pétrolier traverse la période la plus sombre de son histoire s’accordent à dire les experts en énergie. Le cours du pétrole américain a dégringolé à moins zéro dollar alors que le pétrole algérien connait une forte baisse. L'expert en stratégies et financements internationaux, Lachemi Siagh révèle dans une interview accordée au journal liberté, ce 22 avril, que le pétrole algérien va continuer à baisser au cours de la semaine pour atteindre les 10 dollars le baril.

Ainsi, pour cet expert, même si le Brent sur lequel est indexé le pétrole algérien se tient encore autour de 20 dollars, il va suivre le pétrole américain. Il subira une forte baisse dans la semaine pour atteindre 15, voire 10 dollars le baril.

Lachemi Siagh explique que « depuis le mois de janvier dernier, la consommation pétrolière mondiale a chuté de plus de 30% à cause de l’arrêt de l’économie chinoise, pandémie de Covid-19 oblige, de l’arrêt du transport aérien et enfin de l’arrêt à presque 50% des économies des pays touchés par cette crise sanitaire, comme la France, l’Italie, l’Espagne et les USA ». Il ajoute que cette baisse de consommation a été aggravée suite à « une guerre de parts de marché pétrolier entre l’Arabie saoudite et la Russie vu la chute de la demande. »

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L’expert souligne que l’accord sur la baisse de la production trouvé par l'Opep et d'autres pays exportateurs du pétrole suite à la détérioration du marché n’est pas suffisant pour stabiliser les prix.  Il souligne qu’ « avec un prix bas du baril, il y a eu une frénésie d’achat au point qu’aujourd’hui les moyens de stockage n’existent plus. C’est pour cela qu’avant-hier, les producteurs américains offrent leur pétrole pour le mois de mai à moins 37 dollars à ceux qui peuvent l’enlever et le stocker ».

Graves conséquences sur les économies des pays producteurs

Lachemi Siagh souligne que « les conséquences sont désastreuses pour les pays producteurs. Pour la Russie et l’Arabie saoudite, c’était une “victoire à la Pyrrhus” ». Il affirme que « tous les pays producteurs fragiles, comme l’Algérie, qui n’a plus de capacités à exporter, ou encore l’Iran, frappé par les sanctions et tous les autres producteurs d’ailleurs, vont souffrir très durement et attendre plusieurs mois, voire deux à trois ans, avant d’avoir un baril de pétrole à 35 ou 40 dollars ».

L’expert prévoit que face à cette crise « ce sont les réformes profondes, le recours aux emprunts extérieurs et à la planche à billets qui seront mis en branle pour survivre. Il donne cite comme exemples « la Réserve fédérale américaine a imprimé 2 000 milliards de dollars pour soutenir l’économie américaine et la Banque centrale européenne a imprimé 1 000 milliards de dollars pour soutenir l’Europe ».

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