La population de la commune de Guenzet, au Nord de la wilaya de Sétif, dans le Sud de la Kabylie, vient de donner un exemple de solidarité citoyenne avec des militants du Hirak (Mouvement de contestation en Algérie).

En effet, trois jeunes de la localité sus-citée ont reçu des convocations de la Gendarmerie nationale, pour leur présumée implication dans des actions visant à empêcher la tenue des élections présidentielles du 12 décembre 2019. La nouvelle a indigné la population qui l'a qualifiée d'une « cabale contre des militants pacifistes, en profitant de la crise sanitaire du Covid-19 ». Selon des sources locale d'ObservAlgérie, plusieurs centaines de citoyens se sont rassemblés pour exiger des explications aux chef de daïra, maire et chef de la brigade de Guenzet. Ce dernier aurait, selon nos sources, indiqué aux délégués de la population que les noms des trois jeunes convoqués leur ont été communiqués par le maire de la commune.

De son côté, le président de l'Assemblée communale a nié catégoriquement avoir communiqué ces noms, quand la population lui a exigé des explications : « J'ai simplement dit que l'élection a été empêchée par des centaines de citoyens, qui ont fermé les bureaux de vote », aurait-il dit, selon les mêmes sources.

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300 signataires du procès-verbal de l'enquête comme étant responsables de l'empêchement du scrutin présidentiel à Guenzet

« Nous sommes 300 à signer ce procès-verbal de l'enquête qui cherche les responsables de l'empêchement du vote à Guenzet. Ceux que vous accusez n'ont rien à voir avec cette affaire », auraient indiqué les délégués de la population aux autorités locales et sécuritaires.

L'affaire classée sous la pression populaire

Toujours selon nos sources, les autorités ont promis la fermeture de l'enquête aux mêmes délégués. Ces derniers leur ont indiqué que la population est indignée par cette affaire et que leur mobilisation restera vive en cas de volte-face.

Pour rappel, les élections présidentielles du 12 décembre 2019 avaient été organisées dans un climat de tensions politiques et sociales en Algérie. Le scrutin, dont est issu le chef de l'Etat Abdelmadjid Tebboune, a été largement rejeté. Il a même été empêché dans plusieurs localités du pays. Cependant, les chiffres officiels, contestés par le Hirak, indiquent la participation de 40% du corps électoral.

En revanche, et depuis la suspension du Hirak pour cause des risques sanitaires que fait encourir le coronavirus, les activistes des droits de l'Homme déplorent plusieurs arrestations d'activistes. Ils accusent « le pouvoir algérien » de « profiter de la crise sanitaire pour punir les militants du Hirak ».