Ali Jil Bel Bagdadi, un retraité algérien, est décédé la semaine dernière du coronavirus dans le foyer des travailleurs migrants du quartier populaire de Saint-Ouen, près de Paris. Il a été retrouvé plusieurs jours après sa mort dans sa chambre, selon le site Bondy Blog qui a réalisé une enquête sur la situation des Chibanis en France, dans le contexte de la propagation du coronavirus.

Le délégué du comité des résidents du foyer des travailleurs migrants de Saint-Ouen, Aboubacar Diallo, raconte que le retraité algérien est décédé dans des conditions inhumaines. Il a été emporté par le coronavirus sans assistance, ni soins. Le corps de Ali Jil Bel Bagdadi a été découvert dans sa chambre, plusieurs jours après sa mort. Alertés par les résidents, les pompiers sont intervenus pour forcer la porte et transférer le corps du défunt à la morgue.

« Les pompiers sont venus et ont défoncé la porte, ensuite la police est venue et puis la morgue, le lendemain », raconte le délégué Aboubacar Diallo. Celui-ci déplore le fait que ce drame n’ait pas été médiatisé en France, et qu’aucune mesure de santé n’ait été décrétée par l’ADEF qui gère ce foyer de la banlieue de Paris.

Par ailleurs, plusieurs associations en France ont alerté sur les mauvaises conditions sanitaires dans les foyers des travailleurs migrants, où vivent encore des Chibanis. Dans ces structures, les facteurs de décès se multiplient : vulnérabilité, promiscuité, maladies chroniques et renonciation aux soins.

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Les Chibanis sont ces anciens travailleurs qui vivotent en célibataires dans des 9 mètres carrés, avec de modestes pensions de retraite dans ces foyers de migrants ou des résidences sociales. Ces logements sont plus souvent des dortoirs ou de minuscules chambres individuelles, avec des espaces communs, comme la cuisine et les sanitaires.

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