Les réserves de change de l'Algérie vont chuter à 44.2 milliards de dollars (mds USD) à fin décembre 2020, contre 51.6 mds USD actuellement. Soit une contraction de 7.4 mds USD, a annoncé Ammar Belhimer, porte-parole du gouvernement, dans une déclaration accordée à la radio nationale, ce dimanche 3 mai.

Le porte-parole du gouvernement algérien explique cette importante contraction par l’impact de la crise sanitaire du coronavirus sur l’économie nationale. Il souligne que ces estimations se basent sur les prévisions contenues dans le projet de loi de finances complémentaire 2020. Ammar Belhimer précise que le montant des réserves de change est équivalent à une année complète d’importations.

Concernant le secteur des hydrocarbures, le gouvernement prévoit une chute de l’exportation de l’ordre de 7.5 % en raison de l’effondrement de la demande sur le marché mondial. La dégringolade des cours du pétrole causera la chute de la recette pétrolière à 20.6 milliards de dollars alors que le gouvernement tablait, lors de la préparation de la loi de finance complémentaire 2020, sur 37.4 mds USD de revenus.

La situation économique en Algérie est très critique et l’avenir est plus qu’incertain. L’hyper-dépendance de l’Algérie à la rente pétrolière, qui représente 95% de ses exportations, met le pays en péril. Il faut rappeler que la loi de finances 2020 tablait sur un baril à 50 dollars pour une croissance de 1,8%.

Plusieurs spécialistes ont déjà tiré la sonnette d’alarme avant même l’effondrement des cours du pétrole et l'instauration des mesures de confinement. L’économiste Mohammed Achir avait préconisé la mise en place de mesures structurelles, « si on veut éviter un chaos généralisé ». Il a indiqué que « la dette publique avoisine les 50% du PIB et le déficit budgétaire prévisionnel pour cette année s’aggravera davantage avec la dégringolade des cours du pétrole et le ralentissement de l’activité économique causé par la crise sanitaire ».

L’expert propose de revoir le mode de financement, à travers, notamment, la mise en place d’une banque publique de financement des infrastructures. Et, surtout, faire un vrai audit du secteur public marchand. « Procéder à une restructuration profonde des finances publiques et fixer des règles budgétaires rigoureuses, mais sans qu’elles soient au détriment des couches sociales défavorisées et des classes moyennes », a-t-il estimé.

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