Le rapatriement des ressortissants français bloqués en Algérie ne se déroule pas comme prévu. De nombreux binationaux contestent la procédure de la direction de la compagnie aérienne Air France dans l’attribution des places sur ses vols. Ils sont plus de 5 600 passagers à s’être inscrits et qui déplorent le manque d’organisation et l’absence d’une stratégie de communication d’Air France.   

En effet, les milliers de ressortissants français bloqués en Algérie disent vivre dans l’angoisse et la confusion. Pour pouvoir embarquer vers la France, les intéressés doivent préalablement être enregistrés auprès des équipes locales d’Air France et obtenir une autorisation du gouvernement français. Les inscrits sont, ensuite, recontactés par Air France en fonction des places disponibles, du fait du nombre réduit des vols.

Néanmoins, aucune autre stratégie de communication ou d’orientation n’a été mise en place. Et Air France, comme l’ambassade de France en Algérie, ne communique que rarement. Laura, une habitante de Perpignan coincée à Annaba depuis plus d’un mois, raconte sa galère à France Bleu.

Elle indique qu’elle est obligée de vivre H24 avec son téléphone. « Même sous la douche, aux toilettes, partout, c'est horrible. Si Air France vous appelle et que vous loupez leur appel, personne ne vous rappelle. C'est l'angoisse 24/24h, personnellement je ne vis plus », déplore-t-elle. Elle attend jour et nuit un appel ou un SMS d'Air France dans l’espoir d’obtenir un siège dans l'un de ses trois vols hebdomadaires à destination de la France.

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Air France applique une procédure floue

Une jeune femme de Toulouse, qui tente de rapatrier sa mère et sa grand-mère coincées près d'Oran, dénonce également le comportement d’Air France. Selon elle, la compagnie ne cherche pas à trouver des solutions. « On est baladés d'une adresse mail à un numéro auquel personne ne répond, à un mail automatique. C'est très compliqué d'arriver à savoir ce qu'il faut faire ! La solution qu'on nous donne, c'est d'envoyer un SMS à Air France avec nos noms et coordonnées et c'est à eux de nous recontacter », dénonce la jeune femme.

Elle déplore aussi que les listes des vols soient communiquées peu de temps à l'avance et que l'ordre dans lequel s'envolent les voyageurs reste flou. "On nous dit qu'il y a des démarches nécessaires à suivre, qu'on suit à l'aveugle. Mais ils ne nous disent pas vraiment dans quelles circonstances vont être constituées les listes", regrette-t-elle.

Des Français de « seconde zone »

Ben, un ressortissant français qui s'est rendu en Algérie pour assister à l'enterrement de son grand-père, est bloqué près d'Oran depuis environ cinquante jours. Il indique que la sentiment d'avoir été traités comme des citoyens "de seconde zone" commence à s'imposer. « Ce n'est pas normal. On est nés en France, on travaille en France, on paie nos impôts en France... notre vie est en France. Je ne comprends pas. On est délaissés, on est du bétail. La situation dans les aéroports, c'est choquant », s’est-il indigné.

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Pour rappel, les services consulaires français invitent leurs ressortissants bloqués en Algérie et désirant rejoindre la France à se « faire connaître auprès des équipes locales d’Air France par SMS uniquement (avec nom, prénom et contact téléphonique) au +213 (0)780 80 54 38 ou +213 (0)770 27 94 27 pour les départs d’Alger et +213 (0)780 80 66 00 pour ceux d’Oran », indique un communiqué du Consulat général de France à Alger. Les inscrits seront, ensuite, recontactés par Air France en fonction des places disponibles du fait du nombre réduit des vols.