Les salaires des Algériens vont connaître augmentation à partir du mois de juin prochain. Ceci après la décision du Conseil des ministres d’augmenter le salaire minimum et de supprimer l’impôt sur le revenu global (IRG) pour ceux qui perçoivent un salaire équivalent ou inférieur à 30 000 DA. Des spécialistes en économie ont tenté d'expliquer ces mesures et leur impact sur les salaires des Algériens. D'autres s'interrogent sur la conséquence qu'auront ces décisions sur l'économie nationale.

Dans une déclaration donnée au quotidien arabophone El Bilad, l’économiste Abderrahmane Toumi explique que la suppression de l’impôt sur le revenu global entraînera une augmentation des salaires des Algériens à des proportions variables. Celles-ci varieront entre 1 000 et 6 000 dinars. Il cite l'exemple d'un salarié qui touche un salaire égal à 18 000 DA. Ce dernier passera à 21 200 DA, soit une augmentation de 3 200 dinars.

En outre, le spécialiste rappelle que le taux de prélèvement de l’IRG varie actuellement de 0 à 35%. Néanmoins, avec la décision du Conseil des ministres, toutes les déductions d’impôts calculées de 0 à 20% seront annulées.

De son côté, l'économiste et enseignant universitaire Abderrahmane Aya soutient que les deux mesures décidées par le gouvernement algérien ne vont pas entraîner un dysfonctionnement dans la grille des salaires. Selon lui, l’approbation de l’augmentation du salaire minimum SMIC en Algérie, de 18 000 à 20 000 dinars, viendra produire un équilibre financier dans l’opération de calcul de la suppression de l’IRG pour les bas revenus. Il ajoute que les secteurs public ou privé n'auront plus le droit d'employer des travailleurs pour un salaire inférieur à 20 000 DA.

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Augmentation des salaires : quelles conséquences sur l'économie algérienne ?

Réuni dimanche en visioconférence sous la présidence de Abdelmadjid Tebboune, le Conseil des ministres avait, rappelons-le, décidé de supprimer l’impôt sur le revenu (IRG) en faveur des salariés touchant 30 000 DA ou moins. Le gouvernement algérien a également décidé d’augmenter, à partir du 1er juin, de plus de 11% (2 000 dinars) le salaire minimum garanti (SNMG).

Cette annonce a étonné de nombreux observateurs et spécialistes en économie. Il faut dire que ces deux mesures interviennent dans un contexte de crise. D'un côté, la crise sanitaire du coronavirus à laquelle l'Algérie doit faire face. Et d'un autre, la crise économique aiguë, due principalement à la chute vertigineuse des prix du pétrole, qui pèse très lourdement sur les comptes de l’Etat.

Le président Tebboune a certes annoncé une réduction de 50 % du budget de fonctionnement de l’Etat (hors salaires). Néanmoins, il n’a, à aucun moment, chiffré le coût financier de ces deux mesures. Il n'a d'ailleurs pas expliqué comment il compte financer ses promesses.

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