Un Algérien établi en France a été contaminé au coronavirus au mois de décembre 2019. Cette découverte a été faite au niveau de l’hôpital Jean-Verdier, à Bondy. C'est en réanalysant les prélèvement effectués durant cette période que les médecins sont tombés sur le cas de cet homme, rapporte le journal français Le Figaro, lundi 4 mai.

Le diagnostic n'est tombé qu'en avril dernier. « Vous avez eu le Covid-19 », lui annonce l’hôpital Jean-Verdier, à Bondy (Seine-Saint-Denis), où il a été soigné. « Il n’a pas été surpris plus que cela… », note le Pr Yves Cohen, chef du service de réanimation.

L’homme, 42 ans, est marié et père de deux enfants. Il vit à Bobigny. Il s'est présenté le 27 décembre dernier aux urgences "avec une toux teintée de sang, des maux de tête et de la fièvre", raconte la même source. L’homme souffre d’asthme et d’un diabète de type 2. Un scanner thoracique montre des opacités dans les lobes inférieurs des poumons. Les analyses biologiques réalisées sont cohérentes avec une infection virale. Une grippe ? La saison bat son plein. Mais les tests virologiques ne révéleront rien. L’homme est admis aux soins intensifs, reçoit de l’oxygène et une antibiothérapie. Deux jours plus tard, il rentre chez lui, pas encore guéri mais suffisamment remis pour ne plus avoir besoin d’une surveillance médicale rapprochée.

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Le mystère !

Comment a-t-il été contaminé ? Pour tenter de répondre à cette question, les médecins dudit hôpital ont essayé de remonter le fil. Le patient, qui est né en Algérie, vit en France depuis longtemps. Son dernier voyage remonte au mois d'août 2019 en Algérie. « Il ne travaille pas et il n’a aucune particularité », précise Yves Cohen. Son épouse, en revanche, « travaille dans un supermarché à la poissonnerie, à côté de gens originaires de Chine et qui vendent des sushis », raconte le médecin. A-t-elle pu être infectée et, tout en restant asymptomatique, transmettre le virus à son époux et à ses enfants ? « C’est impossible pour moi de le dire », répond le Pr Cohen.

Selon la même source, cette découverte a mis en alerte le corps médical français. « Nous allons nous tourner vers l’hôpital pour qu’ils nous envoient leurs prélèvements », a indique la responsable du Centre national de référence des infections respiratoires (dont la grippe) à Lyon. « Nous utiliserons nos outils, plus poussés, pour comprendre ce qui a pu se passer. On pourra par, exemple, faire du séquençage pour mener des études phylogénétiques et regarder d’où vient le virus », ajoute-t-elle.

Témoignage

Le père de famille a expliqué à BFMTV qu'il s'était rendu aux urgences le 27 décembre après avoir souffert de toux sèche, fièvre et fatigue. Des symptômes qui ne passaient pas. « J'ai dit il y a quelque chose qui ne va pas, j'ai des douleurs au thorax, ça coupe le souffle ». A l'hôpital Jean Verdier de Bondy (Seine-Saint-Denis), les médecins pensent à une «infection pulmonaire» mais sans certitude et des tests sont effectués pour la grippe saisonnière et d'autres formes de coronavirus que le COVID-19. «Ce que vous avez c'est très sérieux», lui dit-on. Après plusieurs jours d'hospitalisation, il a pu rentrer chez lui.  Au mois de décembre, personne ne pouvait évidemment suspecter le Covid-19. Bien qu'en Chine, les premiers cas d’une mystérieuse pneumopathie commençaient à se manifester.

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