Un imam d'origine algérienne est la cible d'une virulente attaque en France. Il s'agit du recteur de la Grande Mosquée de Lyon Kamel Kabtane. Certaines parties de l'extrême droite veulent sa tête et réclament carrément  son expulsion. C'est le cas de Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national et le groupe extrémiste Génération identitaire. Celui-ci et à travers un communiqué, a demandé le rapatriement de l'imam «vers l’Algérie, son pays d’origine».

L'origine de cette polémique remonte en fait au 26 mars dernier. Ce jour là, le recteur de la Grande Mosquée de Lyon a permis l’appel d’un muezzin du haut du minaret. Répondant ainsi à l'appel des instances de l’Église qui avaient demandé que les cloches sonnent à l'occasion des fêtes catholiques de Pâques.

C'est ce qu'a expliqué Kamel Kabtane dans un communiqué. « A l’appel de la Conférence des évêques de France (CEF) qui invitait les églises de France à faire sonner les cloches des églises, le 25 mars dernier, à 19h30, afin de témoigner notre soutien aux équipes de soignants qui dans nos hôpitaux font face, l’équipe de la Grande Mosquée de Lyon a souhaité s’associer à ce mouvement ».

Kamel Kabtane explique

Il ajoutait : « Cette initiative citoyenne et solidaire est aujourd’hui détournée de son sens par des mouvements extrémistes qui appellent à la haine et veulent dresser les citoyens les uns contre les autres. Les responsables de la Grande Mosquée s’opposeront avec fermeté à ces manipulations et ils utiliseront à cette fin tous les moyens juridiques que la Loi autorise ».

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Cependant, des animateurs de l’extrême droite française ne l'ont pas entendu de cette oreille. Ils y voyaient une action militante de l’islam politique pour investir un peu plus l’espace public. En effet, mené par Marine Le Pen, ces derniers demandent l’expulsion de Kamel Kabtane «vers l’Algérie, son pays d’origine», l'accusant de faire «dans une stratégie de conquête».

«C’est une prouesse digne des temps anciens, c’est une forme de terrorisme intellectuel pour faire peur aux musulmans», a déclaré à l’AFP Kamel Kabtane, précisant avoir «écrit au préfet pour lui demander que l’État protège la mosquée».

Soutien et solidarité tous azimuts

Il faut dire que l'imam algérien reçoit un soutien indéfectible en France. "A Lyon, depuis quelques semaines, le recteur de la Grande Mosquée doit faire face à des campagnes de diffamation qui nous scandalisent absolument. Parce que, le 25 mars dernier, Kamel Kabtane a permis que se fasse entendre l’appel à la prière musulmane de haut du minaret de la mosquée, en résonance fraternelle avec les sonneries de cloches de toutes les églises et cathédrales catholiques de France qui célébraient la fête de l’Annonciation, le voilà accusé par certains de terrorisme", écrivent en effet, dans un communiqué commun des responsables religieux juifs et chrétiens de la Métropole de Lyon.

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"Nous tenons à témoigner notre amitié et notre solidarité au recteur de la Grande Mosquée, et nous redisons notre détermination commune à continuer à œuvrer ensemble pour le Bien Commun", ajoutent-ils dans le document rendu public la semaine écoulée.

La déclaration est signée par le pasteur Erwan Cloarec (Église évangélique Baptiste), Monseigneur Michel Dubost (Église catholique), le pasteur Daniel Thévenet (Église évangélique du réveil), le professeur Etienne Tissot (Église protestante unie) et le grand rabbin Richard Wertenschlag (grand rabbin régional).

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