L’économie algérienne continue de subir de plein fouet la crise sanitaire due à la pandémie de coronavirus. En plus de la chute des prix du pétrole, l’Algérie perd des parts de marché dans le secteur du gaz naturel. En effet, après avoir été pendant longtemps le principal fournisseur de l’Espagne en gaz naturel, l’Algérie est surclassée par les Etats-Unis et la Russie ces deux derniers mois.

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Ainsi, selon le journal espagnol El Confidencial du 5 mai, les importations espagnoles de gaz naturel algérien sont à leur plus bas niveau historique en raison de la concurrence du GNL à bas coût, fourni par les Etats-Unis et la Fédération de Russie. Le journal, qui cite les données de Cores, la société qui gère les réserves espagnoles d’hydrocarbures, affirme que « pour le deuxième mois consécutif, les États-Unis ont dépassé l’Algérie, ce qui représente une surprise historique ».

La même source précise que « les Etats-Unis ont augmenté leurs ventes vers l’Espagne de 467% au cours des deux derniers mois, au moment où celles de l’Algérie ont baissé de 30%. Entre janvier et mars, l’Espagne a reçu 20 251 GWh de GNL américain contre 19 748 GWh d’Algérie ». Elle souligne que, selon les données de Cores, « les importations en provenance d’Algérie, principal fournisseur de l’Espagne depuis des décennies, ont enregistré leurs plus bas niveaux historiques ».

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L'effondrement des prix du gaz à l'origine du changement de cap de l’Espagne

El Confidencial explique que « l’Algérie est le principal fournisseur de gaz de l’Espagne, parce qu’elle dispose de deux pipelines qui relient les deux pays par lesquels cette matière première est acheminée, ce qui rend le transport beaucoup moins cher ». Il ajoute que « l’effondrement du prix de cette "marchandise" sur les marchés internationaux fait changer cette situation ». Il rapporte qu’en mars, les États-Unis et la Russie avaient apporté plus de GNL en Espagne via des navires qu’en a fourni l’Algérie via ses deux gazoducs Medgaz et Maghreb, qui arrivent via le Maroc.

Ce changement de fournisseur par l’Espagne est dû aux bas prix du marché. Les experts affirment qu’« à l’heure actuelle, de nombreux opérateurs préfèrent rompre leurs engagements et acheter du gaz sur le marché "spot", où les prix sont à un niveau minime, au point où il est moins cher d’acheter du gaz naturel, même en payant des pénalités pour les contrats signés » .

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