Malgré la fermeture des mosquées pour endiguer la propagation du coronavirus en Algérie, des citoyens se sont permis d'organiser des prières collectives dans les rues, et ce, dans plusieurs villes d'Algérie, notamment Alger et Bejaïa, en Kabylie. 

Ces scènes sont visibles sur les réseaux sociaux. Les instigateurs semblaient être pressés de diffuser les vidéos et autres photos de dizaines, voire de centaines de personnes en train de prier dans la rue. Dans certains cas, ce sont des salafistes qui en sont les instigateurs. Comme on peut le voir dans une vidéo où l'on constate que les fidèles ne respectent même pas les gestes barrières, durant leur prière organisée dans une ruelle.

Selon les publications trouvées sur les réseaux sociaux, de nombreuses wilayas ont été touchées par ce phénomène qui donne un coup de massue à la crédibilité de l'Etat. Mais surtout qui met en danger la santé et même la vie des Algériens. En dehors d'Alger et de la Kabylie, il y a également El Eulma, à Sétif et Mostaganem.

Ces prières de l'Aïd dénoncées comme dangereuses et hypocrites

Sur certaines photos, la distanciation a été respectée par les fidèles qui ont séparé leurs tapis de prière. Ils ont même mis des bavettes. Mais cela n'a pas empêché de nombreux citoyens à critiquer ces initiatives considérées comme « dangereuses » et « hypocrites ».

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Le débat est chaud dans les commentaires de chaque publication. Certains fidèles ont même diffusé des photos de leur prière de l'Aïd tenue dans leurs maisons, histoire de rappeler que la prière est valable même à la maison.

"L'islamisation rampante de l'Algérie"

Certains commentaires sont particulièrement durs, surtout de la part de ceux qui dénoncent une « islamisation rampante de l'Algérie ». De nombreux internautes n'ont pas manqué de dénoncer la passivité, perçue comme de la complicité, de l'Etat  et de la police qui ont < laissé faire pour encourager les islamistes dans leur lutte contre la démocratie et la modernité ».

Il faut reconnaître cependant que de nombreux commentaires sont favorables à ce phénomène. Bien entendu, venant des islamistes eux-mêmes, mais aussi de ceux qui rejettent l'idée de la fermeture des mosquées pour la simple raison qu'elle soit venue des responsables de l'Etat.

Pour rappel, le gouvernement a décidé le 17 mars de fermer les mosquées afin de faire face à la propagation du coronavirus en Algérie. Les islamistes et autres salafistes ont exprimé leur mécontentement à plusieurs reprises, notamment en organisant des prières collectives dans les rues, sur les toits des immeubles ou même dans des garages de particuliers.

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