L’Algérie veut bousculer le marché noir des devises. C’est ce que suggère la dernière sortie du ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, effectuée ce mardi 26 mai devant les députés de l’Assemblée nationale (APN). Le ministre était venu présenter le projet de loi de finances complémentaire qui contient certaines dispositions ciblant le marché noir de l’euro.

La disposition, qui montre cette volonté de donner un coup de pied dans la fourmilière du marché noir des devises, reste celle qui revoit à la baisse le montant en devises autorisé à sortir ou à faire entrer sans déclaration en douanes. Le gouvernement de Abdelaziz Djerad veut ramener ce montant à 1 000 euros après que la loi de finances 2020 l’a porté à 5 000 euros.

« Cette disposition vise à maîtriser le mouvement des capitaux en conformité avec ce qui se fait au niveau international, et renforcer la politique de lutte contre le marché parallèle », a estimé le ministre des Finances devant les membres de l’APN. Ce dernier n’a pas manqué, d’ailleurs, de dénoncer la hausse de ce montant à 5 000 euros, qui a engendré un assèchement des dépôts en devises dans les banques en Algérie.

Un assèchement des dépôts en devises provoqué par le marché noir

C’est plutôt prévisible dans la mesure où la fuite des capitaux a toujours été privilégiée par toute sorte de commerçants et opérateurs véreux. Ces derniers ne pouvaient s’empêcher de saisir l’occasion que leur offrait la loi de finances 2020 pour retirer leurs devises de leurs comptes bancaires en Algérie pour les transférer dans des lieux qu’ils considèrent comme sûrs, à l’étranger.

Pour rappel, le gouvernement a dévoilé le projet de loi de finances complémentaire visant à corriger les “erreurs” contenues dans la loi de finances 2020, proposée par l’ancien gouvernement et adoptée par l’actuelle APN. Parmi les mesures phares de ce projet, porter donc à 1 000 euros le montant de la somme en euros autorisée (en quittant ou en ralliant l’Algérie) sans déclaration douanière. Tout montant dépassant cette somme devra être au préalable être déclaré auprès des autorités douanières des aéroports, des ports et des postes frontaliers, en présentant un justificatif bancaire.

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