Dans un communiqué rendu public ce mardi 26 mai, le collectif de défense du porte-parole de l'Union démocratique et sociale (UDS, non-agréée), Karim Tabbou, a dénoncé l'empêchement de son client de communiquer avec sa famille. Pourtant, c'est la loi qui donne ce droit, notamment depuis l'instauration de la politique de confinement.

Le collectif de défense de Karim Tabbou parle de la discrimination dont est victime le détenu politique. Il dénonce la "politique d'isolement" de Tabbou et un "traitement psychologique sévère, discriminatoire et sélectif". Selon le communiqué, les avocats du militant exigent "l’équité, la justice et la bonne application des textes juridiques sans aucune discrimination et loin de tout calcul politicien".

"L’interdiction du droit d’appeler viole totalement la loi sur l’organisation pénitentiaire, en particulier l’article 72 et les articles stipulés dans le décret exécutif n° 05_430 du 8 novembre 2005 qui précise les moyens de communication à distance et leur utilisation par les détenus", rappelle le Collectif.

Cette disposition de loi est particulièrement importante depuis que les prisons algériennes sont en confinement en raison de la propagation du coronavirus. Un confinement qui interdit les visites familiales aux détenus. C'est d'autant incompréhensible que ce confinement fait des appels téléphoniques le seul contact entre les détenus et leurs familles.

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En fait, Karim Tabbou a reçu trois rejets à ses demandes formulées officiellement le 4 avril, le 10 avril et le 6 mai. Pour les avocats, c'est une interdiction pure et simple. "Cette interdiction consacre la politique d’isolement du militant Karim Tabbou, et constitue une forme de traitement psychologique sévère, discriminatoire et sélectif", s'insurge le collectif dans le même communiqué. Un communiqué voulu comme une volonté d'informer l'opinion publique des abus dont est victime Karim Tabbou.

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