Les services de la sécurité algérienne ont ouvert une enquête sur les circonstances du tournage du documentaire de France 5 sur le Hirak. Mehdi, l’un des protagonistes du long métrage, ainsi qu’un autre jeune qui a servi d'accompagnateur au réalisateur ont été interrogés, samedi 30 mai, par la police. Le responsable de l'association "Bel Horizon" ainsi que plusieurs autres personnes liées au tournage du film ont été convoqués plus tard, à Oran. C’est ce qu’a rapporté, dimanche 31 mai, l’agence officielle française AFP, citant Me Farid Khemisti, avocat de Mehdi.

Selon la même source, Mehdi, jeune ingénieur qui apparaît dans le documentaire controversé de France 5 sur le Hirak, aurait été entendu par la police à Oran, avant d’être relâché. « Mehdi a été retenu durant près de 14 heures. Quel est le but de cette convocation ? On ne lui a rien reproché, aucune inculpation. On lui a posé un tas de questions et demandé des tas de renseignements », a indiqué son avocat.

Une autre personne, qui aurait servi d'accompagnateur au réalisateur franco-algérien Mustapha Kessous, a été également auditionnée dimanche. Selon l’avocat Farid Khemisti, le jeune homme, qui serait guide touristique chez l'association "Bel Horizon" pour la protection du patrimoine, a été relâché sans aucune inculpation.

Le responsable de l'association "Bel Horizon" sera entendu ce lundi et d'autres personnes liées au tournage du film « Algérie, mon amour » seront aussi auditionnées prochainement par la police d’Oran. Dans ce documentaire, le réalisateur a interrogé cinq jeunes Algériens. Mehdi, un ingénieur civil d'Oran, Anis, un étudiant en informatique d'Alger, Athmane, un avocat de Tizi Ouzou, Hania, une technicienne de cinéma, et Sonia, une psychiatre de Tizi Ouzou. L’enquête policière se penche très vraisemblablement sur les circonstances du tournage du film-documentaire qui a provoqué un tollé en Algérie. Les personnes interrogées n’ont pas été inculpées, selon l'avocat.

En Algérie, il est interdit aux médias de filmer sans autorisation préalable des autorités compétentes. Tout journaliste doit bénéficier d'une accréditation d’exercice. En même temps, depuis le début de l'année, aucune accréditation n'a été renouvelée pour les correspondants permanents des médias français à Alger.

A rappeler que la diffusion du film-documentaire a fait réagir au sommet de l'Etat algérien. L’affaire est même à l’origine de tensions diplomatiques entre les deux pays. Le ministère algérien des Affaires étrangères avait décidé, mercredi, de rappeler Salah Lebdioui, ambassadeur d’Algérie en France, pour consultations.