La Banque mondiale prévoit une baisse de croissance inquiétante pour l’Algérie cette année. En effet, l'institution monétaire internationale annonce, dans son rapport intitulé « Perspectives économiques mondiales » et publié lundi 8 juin, une baisse prévisionnelle de 6,4% de la croissance du pays pour l'année en cours.

Ainsi, ce nouveau rapport la Banque mondiale revoit à la basse les prévisions de croissance pour l’Algérie. Cette dernière s'attendait à un recul de seulement 2 % en janvier dernier. L'institution explique cette récession économique par le choc financier lié à la chute des prix du pétrole et à l’épidémie de Covid-19. Cette décroissance sera plus prononcée que la moyenne régionale (Afrique du Nord et Moyen-Orient), estimée par la Banque mondiale à -4,2%.

La Banque mondiale souligne que l’Algérie et l’Irak sont les pays exportateurs de pétrole les plus vulnérables et les plus fragilisés par le double choc coronavirus-chute des cours du pétrole. L'Algérie paye ainsi sa dépendance exclusive aux hydrocarbures. Le rapport de la Banque mondiale explique que "la forte baisse de la demande mondiale de pétrole a réduit les exportations des pays producteurs, ce qui a eu des répercussions sur les secteurs non pétroliers". Ces prévisions de la Banque mondiale sont encore plus pessimistes que celle du Fonds monétaire international qui a tablé sur un recul de -5,2% pour cette année.

Le gouvernement dans de sales draps

Cette situation met le gouvernement dans une impasse. Ce dernier prévoyait une baisse de -2,63% de la croissance dans la loi de finances complémentaire 2020, contre une croissance positive de 1,8 %, prévue dans la loi de finances 2020. Cette décroissance va encore aggraver le déficit budgétaire, déjà énorme. Cela sans que des solutions ne soient mises en place, sachant que le front social commence à grogner suite à la hausse des prix des carburants. Il faut dire que la crise économique va durer dans le temps, ce qui n'annonce aucun répit pour les décideurs.

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