De nombreux acquéreurs de logements sur plan accusent un couple de promoteurs immobiliers d'escroquerie. Des années après avoir versé la première tranche, ils se sont aperçus que les projets de logement étaient toujours en chantier. D'autres ont découvert que le couple de promoteurs a vendu leurs appartements à d'autres personnes.

L'affaire remonte à mars 2019. Plusieurs citoyens ont porté plainte contre Sarl Haddouche Promotion auprès du procureur de la République du tribunal d'Oran. Les plaignants accusent la société de leur avoir soutiré plusieurs milliards de centimes en contrepartie de fausses promesses. « En réalité, il est question de 1,5 milliard de centimes par victime », selon le quotidien Liberté.

Ainsi, après avoir entendu les plaignants, le magistrat du tribunal d'Oran avait ordonné l'interdiction de sortie du territoire contre Ahmed Haddouche et son épouse Hadjer ainsi que l'ouverture d'une enquête.

La justice accuse le couple d'escroquerie et de blanchiment de capitaux

La justice a auditionné, dans cette affaire, 151 présumées victimes. L'enquête a révélé que le couple Haddouche proposait, depuis 2013, la vente sur plan d'appartements, de villas et de locaux commerciaux à Oran. Les intéressés devaient verser une avance en contrepartie d'un accusé de versement.

Quelques années plus tard, les acquéreurs se sont rendu compte de l'arnaque. Ils ont alors, décidé, de reprendre leurs billes et réclamé la restitution de leur argent. La plupart se sont heurtés au refus de la société, tandis que d'autres ont pu arracher la somme de 100 000 DA "comme gage de bonne foi pour la restitution du reste de l'argent". Début avril dernier, le magistrat du tribunal d'Oran a ordonné de mettre Hadjer Haddouche sous mandat de dépôt et a lancé un mandat d'arrêt contre Ahmed Haddouche, en fuite.

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L'enquête a révélé l'implication de douze personnes dans cette affaire. La justice accuse le couple Haddouche d'escroquerie, d'émission de chèque sans provision et de blanchiment de capitaux. Leurs dix employés devront répondre des accusations de complicité et d'escroquerie. Le procès, reporté à deux reprises (2 et 9 juin), devra se tenir à la fin de ce mois de juin.

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