L’Algérie traverse une crise économique sans précédent. Tous les voyants sont au rouge. Les recettes pétrolières ont chuté de façon vertigineuse. La Banque d’Algérie traverse une crise de liquidité. Le déficit budgétaire se creuse de jour en jour et la croissance ne sera pas au rendez-vous cette année, comme l'a prévu la Banque mondiale. Face à cette impasse, le gouvernement refuse de faire appel à l’endettement extérieur. Ainsi, peu de solutions sont envisageables en dehors du recours à la planche à billets et de la dépréciation de la valeur du dinar.

Ainsi, le gouvernement a commencé par mettre en place une première option. La monnaie nationale connaît une dépréciation importante depuis le mois de février passé. Cette dévaluation vise à annihiler l’effet de la chute des prix du pétrole. Elle va aussi contribuer à réduire les importations et combler le déficit budgétaire.

Cependant, cette option n'est guère suffisante pour sauver une économie en ruine. En effet, pour endiguer le déficit énorme que connaît la trésorerie nationale, le retour à la planche à billets s’annonce quasi inévitable. Cette option servira notamment à renflouer les caisse de la Banque d’Algérie qui a annoncé que la liquidité bancaire a poursuivi sa baisse en 2020, passant de 1 557,6 milliards de dinars à fin 2018, à 1 100,8 milliards de dinars à fin 2019, pour atteindre 916,7 milliards de dinars à fin mai 2020, soit une contraction 184,2 milliards de dinars par rapport à son niveau enregistré à fin 2019.

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La crise de liquidité ne laisse aucun choix au gouvernement

Le recours à la planche à billets devient une nécessite pour faire face à la hausse des besoins en financement et le creusement du déficit du Trésor, qui devrait atteindre cette année 3 000 milliards de dinars. Ce déficit qui représente 15,5% du PIB ne pourra être comblé sans le recours au financement non-conventionnel.
Le gouvernement devra ainsi remettre en cause ses déclarations précédentes à travers lesquelles il a écarté le retour à la planche à billets. La conjoncture économique l'oblige à faire appel à cette option, faute d'autres solutions.

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