Le dinar algérien connaît une période très mouvementée dans un contexte économique difficile pour l’Algérie. La monnaie nationale connaît un nouveau recul dans les transactions officielles, après une petite période d’accalmie. Elle est échangée à 145,69 dinars ce mardi 16 juin. Sur le marché noir, en revanche, le dinar connaît une hausse par rapport à ces derniers jours. Il s’échange à 195 dinars pour un euro.

La valeur reste néanmoins très basse, tant sur le marché officiel que sur le marché noir. Elle révèle la situation de l’économie algérienne qui a de la peine à se relancer dans ce contexte de crise sur tous les niveaux. Cette dépréciation du dinar est aussi le résultat de la chute des prix du pétrole qui a impacté l’économie algérienne de façon brutale. Elle annonce des lendemains peu reluisants pour le dinar sur les deux marchés, formel et informel.

Il faut ajouter à cela la baisse du budget du fonctionnement de l’Etat qui impacte considérablement la valeur de la monnaie nationale. Elle oblige les opérateurs économiques à passer par le marché informel pour se doter de la devise nécessaire au fonctionnement de leurs affaires. Cette situation de rigueur budgétaire n'incite pas les investisseurs à mettre leur argent dans un pays dont la santé financière est critique. Elle favorise, plutôt, la fuite des capitaux et impacte l’équilibre entre l’offre et la demande sur le marché noir, engendrant ainsi la flambée des devises, notamment l’euro.

Une flambée calmée par la décision du gouvernement de reporter l'ouverture des frontières qui va permettre aux Algériens de voyager et ainsi tirer la demande sur les devises vers le haut. L'ouverture des frontières relancera aussi les voyages des hommes d'affaires qui s'approvisionnent en devises sur le marché noir.

Le dinar sur le marché officiel

Le marché officiel, lui, est régi par des décisions politiques. Ainsi, la dépréciation de la monnaie algérienne dans les cotations officielles depuis quelques semaines reflète la situation de l’économie nationale, qui peine à se relever à cause des crises successives et, surtout, de la chute des revenus pétroliers.

Cette tendance révèle aussi la volonté du gouvernement de dévaloriser le dinar afin de juguler les déficits budgétaires et gonfler, ainsi, sa trésorerie. La valeur du dinar dans le circuit officiel est une des prérogatives de la Banque d’Algérie. Cette dernière gère le taux de change en fonction de la situation monétaire et financière du pays et, surtout, des orientations du gouvernement. Les cours du dinar continuent ainsi de reculer sur le marché officiel, battant de nouveaux records de jour en jour.