L’Agence de presse américaine Bloomberg, spécialisée dans l'économie et la finance, a réagi à la décision de Abdelmadjid Tebboune de ne pas faire appel à l’endettement extérieur dans une analyse économique publiée le mardi 16 juin. L'auteur Souhaïl Karam a expliqué les hésitations algériennes à faire appel à l'aide du Fonds monétaire international (FMI), contrairement aux autres pays africains.

Bloomberg rappelle que les appréhensions algériennes remontent à sa première expérience avec l'institution monétaire internationale. Il souligne que l’Algérie a été plus que « meurtrie par sa rencontre avec le FMI pendant la guerre civile des années 1990». L'agence de presse ajoute que «le FMI est le symbole de la crise des années 80 et 90 et c’est un souvenir douloureux pour de nombreux Algériens». Elle rappelle la position de Abdelmadjid Tebboune qui a « exclu d’aller à l’agence basée à Washington, affirmant que cela compromettrait la souveraineté du pays».

Bloomberg relativise l’étendue de la crise économique en Algérie et souligne que «bien que les réserves de change soient à leur plus bas niveau depuis plus de quatorze ans (…), le pays n’a pratiquement pas de dettes internationales». Elle rappelle les déclarations de Tebboune qui a affirmé que la situation « n’est pas catastrophique».  L'agence souligne que «le FMI pourrait potentiellement fournir un soutien à la balance des paiements si un choc majeur frappait son solde extérieur, ou si l’économie avait du mal à se rétablir suffisamment rapidement". Elle fait remarquer néanmoins que l’Algérie n’accepterait pas les conditions du FMi qui auront des conséquences graves sur le plan social.

À lire aussi :  Taux de change : Début de la flambée de l'euro sur le marché noir ?

Possible aide chinoise

Par ailleurs , Bloomberg indique que devant une crise majeure, d'autres options s'offrent à l’Algérie. Elle met en avant la décision du « gouvernement qui a réduit de moitié les dépenses de fonctionnement (…) et a annoncé des réformes fiscales et des contrôles plus stricts sur les sorties de devises. Le pays a également pris des décisions pour encourager les investissements internationaux".

L'agence prévoit aussi une possible aide chinoise à l’Algérie. Elle indique que Abdelmadjid Tebboune s’est dit prêt à "emprunter à des pays «amis» sous forme d’aide, ou à financer des co-entreprises dans des secteurs comme l’exploitation minière, le développement des infrastructures et l’agriculture". Cette analyse va à contre sens des prévisions de la Banque mondiale qui a annoncé de sombres lendemains à l'économie algérienne.

Lire aussi: Croissance en Algérie : Les prévisions alarmantes de la Banque mondiale