L’Assemblée populaire nationale (APN) et le Conseil de la nation ont adopté, en juin dernier, le projet de loi instituant le 8 mai comme Journée nationale de la mémoire. En ce vendredi 3 juillet, l’Algérie a rapatrié, dans un avion de l’ANP, vingt-quatre crânes de résistants algériens tombés au champ d’honneur durant l’occupation.

La restitution des archives nationales détenues par la France constitue l’une des principales revendications de l’Algérie. Le dossier de la mémoire comprend, entre autres, les disparus de la Guerre de libération, l’indemnisation des victimes des essais nucléaires et la récupération de l’ensemble des crânes des résistants algériens exposés au Muséum national d’histoire naturelle de Paris.

Ce vendredi marque une petite mais significative avancée dans la question de la mémoire entre l’Algérie et la France, puisque le pays a pu récupérer les restes mortuaires de premiers héros ayant affronté l’armée coloniale. Il s’agit des crânes de vingt-quatre combattants rapatriés à bord d’un avion de l’ANP. De nombreux observateurs pensent que ce rapatriement marque le dégel des relations diplomatiques entre les deux pays.

Ces Français qui réclament l’accès aux archives

De nombreux Français, dont des historiens et des juristes, et des associations réclament l’accès immédiat aux archives relatives à la Guerre de libération nationale. C’est notamment le cas de l’association Josette et Maurice Audin qui exige que les documents anciens relatifs à la période 1940-1970 de la France coloniale soient “librement communicables”.

Cependant, un obstacle majeur se dresse devant l’ouverture des archives classées secrètes. Il s’agit de l’article 63 de l’Instruction générale interministérielle n° 1300 (IGI 1300), relatif au secret de la défense.

Les parties qui plaident pour l’accès aux archives ont formulé des demandes d’abrogation de cet article au Premier ministère français, regrettant une situation qui, “sous le prétexte abusif de la nécessité de protection du secret de la défense, a pour conséquence une complexification absurde et une restriction sans précédent de l’accès aux archives publiques de la période 1940-1970”.

Lire aussi : Algérie-France : Rapatriement imminent des crânes de martyrs résistants