La situation des étudiants algériens en France se dégrade de plus en plus. Ils subissent de plein fouet la crise économique due au coronavirus. Ces étudiants n'arrivent à subsister à leurs besoins quotidiens que grâce à la solidarité et aux aides sociales. Selon une enquête réalisée par le journal Liberté et parue ce samedi 18 juillet, la situation que traversent ces étudiants devient intenable.

Ainsi, selon cette enquête, les étudiants ont du mal à trouver un travail et boucler leurs fins de mois. Pour Lila, titulaire d’un diplôme universitaire dans les médias et la communication, trouver n'importe quel travail est devenu un parcours de combattant. Elle envoie des dizaines de CV chaque jour dans l'espoir de dénicher un travail. « Je postule dans tous les secteurs, y compris pour des emplois alimentaires comme la restauration et la vente », fait-elle savoir. Elle dit qu'elle n'arrive à joindre les deux bouts que grâce à son compagnon et la solidarité familiale. La jeune diplômée révèle que les grandes marques ont été durement touchées par la crise du coronavirus et ont diminué drastiquement leur budget de recrutement.

Lila raconte qu'elle avait décroché un contrat à durée indéterminée (CDI), mais elle s'est heurtée à la lenteur de la procédure de l'obtention d'un permis de travail. Une condition imposée aux diplômés algériens, conformément aux accords de 1968 entre l’Algérie et la France sur la circulation des personnes. Un accord qui s’avère très contraignant pour les Algériens. Elle indique, avec amertume, que la préfecture a mis quatre mois avant de lui délivrer ce permis, à la fin février 2020. « Entre-temps, ma promesse d’embauche s’est envolée », regrette-t-elle. Elle ajoute : « Compte tenu de ma petite expérience dans le monde du travail, je n’ouvre pas droit à une allocation chômage. Je suis aussi exclue des dispositifs d’aide aux étudiants et des offres de stages rémunérés, car je suis déjà diplômée ».

Les étudiants n'arrivent pas à trouver du travail

Le cas de Lila n'est pas isolé. Des milliers d'étudiants algériens connaissent la même galère. Ils doivent se débrouiller pour trouver des boulots, afin de financer leurs études. Certains sont même menacés d'expulsion de leur logement de fortune. Ils n'arrivent pas à payer le bail à cause du chômage. Plusieurs étudiants ont perdu leurs petits boulots depuis que le confinement général a été décrété par le gouvernement français.

Ces étudiants, qui sont à l’abandon, se débrouillent comme ils peuvent. Ils évitent de prendre le transport et changent leurs habitudes alimentaires. Ils se tournent aussi vers les associations, telles que L’Ecaf (Étudiants et Cadres algériens en France) qui se met à la disposition des chercheurs d’emploi afin de les orienter. Cette association se retrouve, cependant, submergée par les nombreux appels à l’aide.

Il faut ajouter à cela la fermeture des frontières qui empêche ces étudiants de regagner l'Algérie, pour surmonter cette période difficile entre les leurs.

Mesures discriminatoires de l'Etat français

Pour venir en aide aux étudiants, l’État français a mis en place un dispositif dérogatoire qui autorise les étudiants étrangers à exercer, exceptionnellement, une activité professionnelle salariée dans la limite de 80% de la durée de travail annuelle. Cependant, cette dérogation ne profite pas aux étudiants algériens. Ces derniers sont exclus du dispositif à cause des  accords de 1968 qui limitent le temps de travail des étudiants algériens à 50%. Ce traitement discriminatoire a été dénoncé par les associations algériennes, notamment l’Ecaf, qui s'est adressée à l’ambassadeur d’Algérie en France pour apporter des solutions.

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