Le renouvellement du titre de séjour en France est perturbé par le service minimum qu’imposent les préfectures aux requérants. En effet, les possibilités de prise de rendez-vous en ligne pour les étrangers, dont les Algériens, sont fortement imitées. Une situation qui a fait réagir l’Organisation de soutien aux migrants et l’Institution française Défense des usagers du service public qui ont pointé du doigt les préfectures.

Ainsi, des ONG de défense des droits des étrangers, dénoncent une situation totalement intolérable. Ces ONG déclarent qu’ « en dépit du compte à rebours pour nombre de personnes étrangères, il est fréquent qu’aucun rendez-vous ne soit proposé avant septembre ou octobre, voire qu’aucun rendez-vous ne soit proposé du tout. Et pour ces personnes maintenues dans la précarité, il est généralement impossible d’accéder au service public par un autre biais ».

Les requérants doivent faire des pieds et des mains pour obtenir un rendez-vous sur les plateformes des préfectures françaises, avec les services de traitement et de délivrance des titres de séjour. La difficulté réside dans le nombre de rendez-vous limité auquel s’ajoute l’impossibilité d’accès aux plateformes dans la majorité du temps.

Une maman algérienne raconte son clavaire

Une jeune maman algérienne, dénommée Kahina, avoue passer des nuits entières à veiller devant son ordinateur, à l’instar de tant d’autres demandeurs, dans l’espoir d’obtenir un rendez-vous à la préfecture de Seine-Saint-Denis, dans le nord de Paris. Elle confie élever seule sa petite fille, âgée de huit ans, ce qui la plonge dans une terrible angoisse quant à l’idée de ne pas parvenir à prendre un rendez-vous avant le 15 août, date à laquelle son titre de séjour expire.

Kahina déclare vivre en France depuis plus de dix années en toute légalité. Elle était loin d'imaginer qu’un jour, elle pourrait devenir une sans-papiers. « Je risque de perdre à la fois et mon travail et mes droits sociaux », s'inquiète-t-elle.

Des rendez-vous payants

Par ailleurs, depuis quelque temps, une pratique investit la toile. Des pirates informatiques bloquent les rendez-vous afin de les revendre par la suite. La jeune maman déclare : « On m’a proposé un rendez-vous à 150 euros. Je crois que je vais le prendre ». Kahina est désormais prête à tout pour renouveler son titre de séjour.

A noter que les organisations de soutien aux étrangers font remarquer que les préfectures, sous prétexte de la crise sanitaire, renforcent la dématérialisation de leurs services. La loi interdit, pourtant, d’imposer exclusivement Internet pour des demandes administratives.

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