L'Algérie fêtera cette année un Aïd El Adha pas comme les autres à cause du coronavirus. Alors que la pandémie continue de faire beaucoup de victimes dans le pays, de nombreux spécialistes de la santé ont émis des réserves quant à la célébration de cette fête religieuse. Parmi eux, le professeur Noureddine Zidouni, qui s'est confié, ce jeudi 30 juillet, au média en ligne TSA.

Noureddine Zidouni fait partie du groupe de médecins ayant préconisé l'annulation du sacrifice du mouton pour l'Aïd El Adha de cette année en Algérie. « Nous avons constaté un nombre sans cesse croissant d’atteints par ce virus avec des centaines de consultants par jour, des collègues qui étaient épuisés et des diagnostics de plus en plus pénibles à réaliser, et nous avons alerté », a indiqué le professeur.

Néanmoins, le Pr Zidouni regrette que leur voix n'ait pas été écoutée. « Quand vous voyez qu’une commission de la fatwa a plus de poids qu’un collectif de professeurs en médecine, que la capitale mondiale de ce rituel de l’Aïd est fermée aux croyants, que voulez-vous… ! », a-t-il déploré.

Le comité scientifique avait « émis un avis défavorable » pour le rituel de l'Aïd El Adha

Concernant la décision des autorités de maintenir le rituel de l'Aïd El Adha en Algérie, le professeur a révélé que « les membres du comité n’ont pas émis d’avis favorable. Ils ont mis en garde quant aux dangers éventuels ». Il précise : « Il faut que les gens comprennent que ce n’est pas le rite qui est cher à tous qui pose problème (...). Ce sont les regroupements des personnes, c’est la multiplicité des contacts humains lors de l’achat et du transport, etc. qui posent problème ».

Pour le professeur Noureddine Zidouni, le gouvernement devrait décréter un confinement total durant les deux jours de l'Aïd. Car, selon lui, « le problème est dans les regroupements dans les cités d’habitation, l’entraide sociale le jour de l’Aïd où tous les voisins se mettent ensemble pour fêter. Ce qui veut dire aussi que les clusters sont familiaux. Ce sont des familles qui sont touchées maintenant et ça va s’aggraver ».

Avant de conclure, le médecin a tenu à alerter sur la situation sanitaire « inquiétante ». « Comme je le dis aux jeunes qui sont souvent asymptomatiques, le propre de cette épidémie, c’est que sur 100 personnes, 80 % ne savent même pas qu’ils sont malades. Sur les 20 % restants, il y en a 15 % qui ont des formes sévères mais qu’on arrive à sauver. Malheureusement, il y a 5 % qui décèdent », a conclu M. Zidouni.

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