La police française a procédé à l’arrestation de nombreux sans-papiers algériens lors d’une distribution d’aides alimentaires initiée par une association de soutien aux migrants, au Havre, dans le nord de la France. Au moins deux personnes parmi les Algériens interpellés ont fait l’objet d’une retenue administrative, indique, ce samedi 1er août, la radio locale France Bleue.

Selon la même source, lors de la distribution de denrées alimentaires au temple protestant de la rue Anatole-France, des migrants algériens en situation irrégulière ont été arrêtés par la police. Le président de l’Entraide protestante a indiqué qu’ « au moins deux, peut-être cinq » sans-papiers ont fait l’objet d’une retenue administrative à l’hôtel de police. Il a ajouté que « l’Association havraise de solidarité et d’échanges avec tous les immigrés (Ahseti) a réussi à suspendre deux expulsions ».

Les associations s’indignent

En outre, le président de l’Entraide protestante a révélé sa crainte de voir le nombre des nécessiteux sans-papiers, des Algériens pour la majorité, s'amoindrir lors de la prochaine distribution, qui aura lieu le 7 août. A cet effet, les responsables des associations de bienfaisance ont écrit à l’attention de la sous-préfète pour « protester énergiquement » contre ces pratiques.

Ainsi, dans le courrier rédigé, et dont une copie a été adressée au maire, il est rappelé que la « distribution alimentaire était la seule à fonctionner pendant le confinement et son travail a été fait en partenariat avec les services de la ville ». Et d'ajouter : « De plus, la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) a reconnu notre travail et apporté une aide importante sous forme de chèques de services qui sont remis aux bénéficiaires lors de la distribution alimentaire ».

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« L’Etat se sert de nous »

Par ailleurs, les signataires du courrier s’indignent et mettent l’accent sur les contradictions de l’Etat français. « Cela donne l’impression que l’État donne des chèques de services pour appâter les migrants et donc se sert de nous pour les arrêter plus facilement. Ces arrestations locales qui compliquent l’aide apportée aux migrants et favorisent le développement de foyers Covid, la distribution alimentaire ne pouvant plus se faire de façon réglée, avec attente à l’extérieur et en toute sécurité », s'insurgent-ils.

Par ailleurs, l’Ahseti, la Ligue des droits de l’Homme, le Secours populaire, Des Lits Solidaires, Femmes solidaires, Cercle de Silence, RESF, Mouvement de la Paix, GAMS, Amnesty international, Solidaires, CGT, Ensemble !, Générations, PCF, FI et NPA ont adressé une lettre ouverte à la sous-préfecture et à la préfecture, à travers laquelle ils condamnent « très fermement ce procédé qui consiste à utiliser la proximité des lieux d’entraide et de solidarité pour organiser des arrestations de personnes en situation précaire ».

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