La valeur du dinar algérien connaît une chute libre ces derniers jours. La monnaie nationale a battu des records historiques, en passant à 152 dinars pour un euro ce dimanche 2 août. Cette dépréciation, voulue par le gouvernement afin de combler le déficit budgétaire de l'Etat, aura de lourdes conséquences sur les ménages et les entreprises nationales.

En effet, la chute de la valeur du dinar va impacter considérablement le pouvoir d'achat des Algériens. Elle aura également des répercussions sur la trésorerie des entreprises conditionnées par l'importation pour leur fonctionnement. Ainsi, l’Algérie, qui paie énormément de ses produits importés en euro, verra les prix de ces derniers flamber.

Cette mesure, prise pour diminuer les effets de la chute des revenus pétroliers et le recul de la fiscalité, aura comme conséquences inévitables la perte du pouvoir d’achat des Algériens et la pression inflationniste. Cette baisse significative de la valeur du dinar mènera l’économie vers une hyperinflation. Cela se traduirait aussi par une hausse du taux de chômage, la fermeture d’entreprises et l’appauvrissement du salarié.

Hausse des prix et remise en cause de la valorisation des salaires

Les craintes de la hausse des prix deviendront une réalité. Les ménages seront de plus en plus pauvres et le climat social deviendra plus tendu, surtout que, dans cette conjoncture marquée par la crise économique et sanitaire, le pays tourne au ralenti. Cette option rend éphémères les mesures sociales prises par Abdelmadjid Tebboune, à savoir l'augmentation du SNMG et la suppression de l'IRG pour les salariés qui perçoivent moins de 30 000 DA. Leurs effets vont être noyés dans la hausse des prix qui sera plus importante que la valorisation des salaires.

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Il faut rappeler que ce n'est pas la première fois qu’un gouvernement recourt à la dévaluation en Algérie. Le pays a connu des dépréciations massives dans son histoire. Entre 1986 et 1990, une dévaluation de 153% a été décidée. De 1986 à 2002, le dinar a été déprécié de 1558%. En 2012, le gouvernement a opéré une nouvelle fois une dévaluation d’environ 10% du dinar. Cette année, la monnaie nationale a déjà perdu plus de 15 % de sa valeur.

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