Les autorités françaises veulent durcir la procédure de versement des pensions de retraite aux Algériens. Une nouvelle formule de vérification que le bénéficiaire de la pension est toujours en vie sera probablement promulguée prochainement. C'est ce que révèle un rapport du président du régime de retraite complémentaire des cadres et des salariés du privé Agirc-Arrco, présenté le 13 juillet dernier devant le Parlement français. 

Selon ce même rapport, cité par le journal arabophone Echorouk, qui a relayé l'information lundi 3 août, le retraité algérien sera désormais appelé à se présenter lui-même à la banque en Algérie pour déposer son dossier.

Dans le cadre du processus de suivi et de vérification, la banque invitera le concerné par courrier officiel. Il devrait répondre à cette convocation dans un délai de deux mois. Dans le cas contraire, il n'aura plus droit à sa pension. Cette nouvelle procédure vise particulièrement les retraités de plus de 85 ans.

La même source indique que cette mesure a été initiée en collaboration avec la Banque de l'agriculture et du développement rural (BADR). Le choix de cette dernière n'est pas fortuit, puisque c'est la banque où la plupart des retraites des émigrés sont versées.

Une mesure peu réjouissante pour les retraités algériens

Le rapport indique que cette procédure a été expérimentée sur un échantillon de 95 retraités, issus des wilayas de Tizi Ouzou, Bejaïa, Bordj Bou Arreridj et Sétif. Si cette mesure est mise en application, elle ne réjouira sans doute pas les retraités algériens qui se contentent actuellement d'un certificat de vie pour recevoir leurs allocations. Il est vrai qu'à 85 ans et plus, il est difficile, voire impossible pour certains pour se déplacer à la banque.

Pour les autorités françaises, cette formule s'impose pour lutter contre la fraude. Elles soupçonnent des familles de ne pas déclarer le décès de leurs proches retraités, d'où les chiffres douteux des retraités algériens recensés au niveau des caisses de retraite françaises.