Souffrant de centralisation, de manque flagrant de nouvelles technologies, de dépenses colossales... Le système de santé en Algérie est, depuis plusieurs années, au cœur des débats entre les spécialistes du secteur. Ainsi, une récente étude du Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD) a livré un diagnostic et des perspectives pour réformer le système de santé.

Zoulikha Snoussi, professeur à l'université de Khemis-Miliana, à Aïn Defla, a fourni un diagnostic sur le système de santé en Algérie. Dans une publication pour le CREAD intitulée « Le système de santé algérien face à la crise sanitaire de Covid-19 : quels enseignements sur ses défaillances ? », elle expose des perspectives pour une réforme profonde de ce secteur sensible. En outre, elle s'intéresse à l'impact de la pandémie du coronavirus sur le système de santé algérien.

En effet, pour Zoulikha Snoussi, la crise sanitaire du coronavirus « a clairement révélé le dysfonctionnement » du système de santé en Algérie. Ainsi, ce constat pourrait ouvrir des pistes de réflexion pour une réforme profonde de ce secteur.

Un système de santé trop centralisé

D'emblée, Zoulikha Snoussi pointe du doigt la centralisation à outrance du système de santé. Elle qualifie ce secteur de « fortement centralisé ». La preuve, l'Institut Pasteur d'Alger était seul habilité à faire des tests PCR au début de la crise sanitaire, alors qu'il ne pouvait pas répondre aux besoins. Zoulikha Snoussi explique que la reforme du système de santé devra commencer par la « décentralisation du secteur, donnant une vraie autonomie aux régions sanitaires ».

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Par ailleurs, Zoulikha Snoussi souligne qu'il est temps de revoir la revalorisation de la ressource humaine. A ce sujet, elle explique qu'il devient « impératif de revoir la formation et la gestion de la ressource humaine ». Le secteur public devra, selon cette spécialiste, bénéficier de cette approche car il en a besoin plus que jamais. En outre, elle explique que la téléconsultation reste peu utilisée en Algérie, en raison de la qualité de la connexion et la faible maîtrise des outils technologiques, notamment chez les personnes âgées. Ainsi, cette praticienne plaide, par exemple, pour la mise en place d’un système de gestion électronique des ordonnances pour qu’elles soient acheminées directement par le médecin prescripteur vers le pharmacien d’officine.

Enfin, l'auteure de la publication fait savoir que les dépenses du secteur de la santé sont en augmentation et pointe du doigt le management défaillant. Pour elle, les autorités doivent traiter plusieurs points, entre autres, le financement de la santé, la prise en charge des malades, le manque de moyens, la corruption, les inégalités d’accès aux soins et aux médicaments...

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