Un père de famille franco-algérien établi en Algérie a confié, ce mercredi 12 août, au micro de « La libre antenne » d'Europe 1, que l’administration française avait refusé de délivrer un certificat de nationalité française à l’un de ses fils. Ce père de famille, dénommé Salim, a raconté le long calvaire auquel il fait face avec sa femme afin de faire reconnaître la nationalité française de leur fils.

Depuis l’Algérie, Salim et sa femme ont fait appel à Olivier Delacroix sur « La libre antenne » afin de médiatiser leur cas. Parents de deux jeunes enfants, les deux Franco-Algériens ont expliqué que l’administration française avait refusé de délivrer un certificat de nationalité française à l’un de leur fils, tandis que pour l’autre, un certificat leur avait été remis. Ce couple de Franco-Algériens a dès lors entamé un combat qui dure depuis 2013, pour faire reconnaître la nationalité française de leur jeune fils.

Un combat avec la justice française et algérienne

« Nous sommes Franco-Algériens et résidons en Algérie », a précisé le père de famille. « Nous n’avons jamais vécu en France. Nous avons des papiers français, un livret de famille français et un livret de famille algérien. En 2012, j’ai demandé un certificat de nationalité française pour mes deux enfants. À ma grande surprise, l’un de mes enfants a reçu son certificat et l’autre non. L’organisme qui délivre ces documents a demandé des actes de mariage des aïeuls de ma femme qui est Française », a-t-il encore précisé.

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Et d'ajouter : « Ils sont remontés à trois ou quatre générations. Ces actes de mariage n’existent pas, parce que c’étaient des Français musulmans qui se mariaient de manière religieuse, mais pas à la mairie. On s’en est remis à la justice algérienne. La procédure a duré deux ans. Nous avons marié des couples post-mortem. Il fallait trouver des documents, comme des actes de succession, pour prouver que c’étaient bien des couples mariés qui ont eu des enfants et qui étaient français. Il fallait prouver la filiation et avoir ces actes de mariage. C’était déjà un combat avec la justice algérienne ».

Victime d’un racisme administratif ?

Salim enchaîne en faisant savoir qu'il était revenu « vers l’organisme qui délivre les certificats de nationalité française. Par peur, j’ai fait cette démarche avec un avocat pour être sûr du résultat. Depuis 2013, le combat continue. L’avocat se démène pour que mon fils reste français. Des audiences auront lieu d’ici la fin de l’année. La carte d’identité française de mon enfant expire en 2022. Il a eu deux passeports français, il est dans notre livret de famille français et il risque de ne plus être français en 2022. Je trouve que c’est une aberration ».

« En tant que Franco-Algérien, je souffre de cet écart qui s’accentue d’année en année et des incompréhensions qui sont exacerbées. Je pense qu’il existe une forme de racisme administratif parce qu’on a une religion différente, des prénoms différents, une culture différente, parce qu’on ne réside pas en France. Quand on réside en France, c’est un autre organisme qui délivre les certificats de nationalité française. On a un traitement différent. Je crois toujours en la justice, mais il se peut que la nationalité française de mon fils ne soit pas reconnue », conclut, exaspéré, ce père de famille qui se bat avec sa femme pour faire valoir ses droits.

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