L'Algérie est le troisième producteur de pétrole en Afrique, avec une production estimée à 1,5 million de barils par jour pour l'année 2018, soit l'équivalent de 65,3 millions de tonnes d'or noir pour cette période. L'Algérie fait, de ce fait, partie des acteurs majeurs sur le marché mondial du pétrole. Essayons donc de découvrir ensemble l'histoire du principal levier de l'économie algérienne.

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Premières découvertes

C'est en 1956, en pleine guerre d'Algérie qu'a eu lieu la découverte du premier gisement pétrolier dans le Sahara, plus précisément dans la région d'In Amenas. Cette découverte est suivie, peu après, par celle d'un autre gisement à Hassi Messaoud, plus importante réserve de pétrole en Algérie et sur le continent africain.

Ces découvertes n'ont pas été sans conséquence à l'époque, puisque le gouvernement français de Guy Mollet, qui souhaitait mettre fin au plus vite à la guerre qui faisait alors rage en Algérie, changera subitement de politique en entrevoyant les immenses opportunités que pouvait représenter le pétrole saharien pour la France, pays qui importait alors la quasi-totalité des hydrocarbures qu'il consommait. Cet événement est notamment cité par l'écrivain Hocine Malti dans son livre " Histoire secrète du pétrole algérien ".

Après l'indépendance

En 1963, un an après l'indépendance de l'Algérie, la Sonatrach, société étatique, alors essentiellement chargée du transport et de la commercialisation du pétrole, a été créée. À partir de 1967, l'Algérie se lance dans un processus de nationalisation des activités de raffinage et de distribution, suivi rapidement par une nationalisation totale des hydrocarbures en 1971. Entre-temps, le pays avait rejoint l'Organisation des pays exportateurs de pétrole en 1969 et sa politique de nationalisation des ressources gazières et pétrolières lui permet peu à peu de renforcer sa position en tant que l'un des pays leaders du tiers-monde.

Les chocs pétroliers de 1973 et 1979, qui propulsent les prix du pétrole à des niveaux jamais atteints jusqu'alors permettent à l'Algérie d'engranger de vastes revenus de ses exportations et de notamment développer le secteur de l'industrie lourde. Cette dépendance de l'économie algérienne aux hydrocarbures montre toutefois ses limites à partir de 1986, lorsque les prix du pétrole connaissent une chute drastique. Le pays connaît ainsi une crise économique majeure qui durera plusieurs années et ne prendra fin qu'au début 2000, lorsque les prix du brut grimpent à nouveau à des niveaux record et atteignent presque 150 dollars le baril à l'été 2008.

Le pétrole et la politique en Algérie

Néanmoins, cette manne pétrolière est mal exploitée et la Sonatrach, qui contrôle l'essentiel de l’industrie liée à l'or noir en Algérie, s'est retrouvée plusieurs fois impliquée dans des scandales de corruption. Ces scandales ont notamment touché l'ancien ministre de l'Industrie et des Mines, Chakib Khallil, contre qui un mandat d'arrêt international avait été lancé en 2013. Les dirigeants algériens ont également, depuis le début des années 2000, lancé plusieurs projets destinés notamment à favoriser l'emploi des jeunes. Ces projets, rendus possibles grâce aux revenus pétroliers du pays, se sont révélés peu ou pas du tout rentables pour l'État et s'apparentent plus à un achat pur et simple de la paix sociale qu'à une véritable volonté de développement.

De nos jours, l'Algérie est confrontée à une crise économique due notamment à une chute des prix du pétrole, amorcée depuis 2014. À cela, s'ajoutent les prévisions alarmistes qui prévoient un épuisement total des réserves pétrolières dans le pays d'ici 15 à 20 ans. L'Algérie saura-t-elle finalement, après presque 60 ans d'indépendance, amorcer une véritable transition économique ou risque-t-elle de voir son économie s'effondrer dans les prochaines années du fait de sa dépendance à l'or noir ?