De nombreux sans-papiers algériens enfermés au Centre de rétention administrative de Cornebarrieu, en France, sont menacés de contamination au coronavirus. Une personne retenue quelques jours à l’intérieur du même centre a été testée positive. Des associations toulousaines appellent à la fermeture de cet établissement où sont retenus des étrangers qui sont majoritairement algériens, indique, mercredi 19 août, le média France 3.

Selon la même source, après le passage d’une femme testée positive au coronavirus au centre de rétention de Cornebarrieu, en Haute-Garonne, des associations toulousaines s'inquiètent du sort des ressortissants étrangers, dont la plupart sont des sans-papiers algériens. Ces derniers sont cloîtrés à l'intérieur de l'établissement avec un risque élevé de contagion. Les associations demandent la fermeture immédiate de ce centre qui pourrait être un nouveau foyer de contamination.

Des sans-papiers algériens risquent la contamination

De nombreuses personnes sont retenues dans ce centre de rétention. « Elles sont un peu plus d’une trentaine cette semaine, dont un bon nombre sont des ressortissants algériens. Ils sont bloqués en France, quelle que soit la décision du juge de la liberté et de la détention concernant leur sort, en raison de la fermeture des frontières due à la crise sanitaire », soulignent les associations. Pour la Cimade, une association de solidarité et de soutien politique aux étrangers en situation irrégulière, comme pour les représentants de l'ADE ( Avocat-e-s pour la défense des étrangers), la situation justifierait la fermeture pure et simple du centre de rétention et la remise en liberté des personnes enfermées à Cornebarrieu.

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Plus d'accès à la permanence pour les représentants de la Cimade

Par ailleurs, l’accès au centre pour les représentants de la Cimade est impossible. Ces militants associatifs ont pour habitude de se rendre dans ce centre de rétention 6 jours sur 7 afin de venir en aide aux ressortissants étrangers. Léo Claus, un des représentants de la Cimade, a fait savoir, qu’habituellement « on établit le contact avec les familles. C'est désormais impossible. Nous continuons notre travail, à distance, notamment grâce à des permanences téléphoniques ».

De son côté, Anita Bouix, représente des Avocat-e-s pour la défense des étrangers en situation irrégulière, a déclaré qu'« il y a un risque de cluster évident à Cornebarrieu, comme ça a été le cas dans le centre de rétention de Mesnil-Amelot, en région parisienne. Les personnes retenues vivent dans l'angoisse d'avoir été contaminées, elles pensent que les mesures sanitaires et les gestes barrières ont du mal à être respectés à l'intérieur du centre. Leurs droits fondamentaux sont en plus bafoués, puisqu'ils n'ont plus droit à une assistance juridique, et qu'ils peuvent être jugés sans être présentés à l'audience ».

Les deux associations, la Cimade et l’ADE, ont renouvelé, dans un communiqué, leur demande de libération immédiate de toutes les personnes enfermées dans ce centre de rétention. Elles estiment que « les possibilités pour l'administration de les reconduire dans leur pays d'origine sont inexistantes. De ce fait, leur rétention n’a aucun sens ».

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