Paralysée suite à une agression conjugale extrêmement violente, une ressortissante algérienne au Canada s’est laissée mourir. Mais avant, il fallait se battre pour faire respecter sa décision. Nommée Fatima Gossa, cette Algérienne s’est réveillée un jour sur un lit d’hôpital avec une paralysie complète. Elle décide alors, après un long combat, d’arrêter de boire et de manger pour mourir, indique, jeudi 20 août, le média canadien La Presse.

Fatima Gossa a été victime d’une violente agression conjugale il y a quelques années. Une brutalité qui lui a valu plusieurs mois d’hôpital et une paralysie complète. L’Algérienne a choisi de se battre pour obtenir le droit de se laisser mourir. Mais avant de s’en aller, elle s’est assurée de laisser sa petite fille entre de bonnes mains. Xavier Mazet, le demi-frère de Fatima, a adopté la fillette. Malgré la séparation déchirante, Fatima Gossa a décidé de se battre pour faire respecter sa décision, précise la même source.

« Son corps ne répondait plus du  tout »

Fatima Gossa s’est installée au Québec depuis trois années après son agression, en 2011, qui lui a valu une paralysie totale. Après plusieurs mois d’hospitalisation dans un état végétatif, près du coma, Fatima Gossa reprend conscience.

L’Algérienne avait perdu toutes ses capacités : elle ne pouvait plus se mouvoir, ne pouvait plus parler et souffrait de problème visuels et auditifs aigus. Son demi-frère a déclaré que son corps ne répondait plus du tout, mais son cerveau marchait très bien.

L’Algérienne a obtenu le droit de se laisser mourir

Le rapport établi par la coroner, Julie-Kim Godin, indique que « Mme Gossa est demeurée profondément affectée par sa situation et le fait qu’elle n’avait aucun espoir de guérison. Sa souffrance semblait persistante et intolérable. Elle a exprimé à plusieurs reprises le souhait de mourir entre 2015 et 2019. Elle a fait des tentative de suicides ».

De si longues années dans la souffrance qui l’ont amenée à prendre une décision radicale, celle d’arrêter de manger et de boire. Une décision qui, malgré ses multiples handicaps, a été respectée, car trois médecins ont jugé que Fatima était apte à refuser un soin. Le Curateur public au Québec a considéré que « cette décision était dans son meilleur intérêt ». L’Algérienne a, donc, obtenu le droit de se laisser mourir, en cessant de s’alimenter.

Un membre de la famille s’est opposé à sa décision 

Par ailleurs, Xavier Mazet, demi-frère de Fatima Gossa, a confié qu’un gardien de sécurité avait surveillé sa demi-sœur durant les derniers jours de sa vie. Cette mesure a été prise après qu’un membre de sa famille a tenté de la nourrir de force. Plus tard, le même proche est allé jusqu’à faire intervenir des ambulanciers pour sauver Fatima qui agonisait.

Des policiers ont dû intervenir en renfort afin d’écarter les soignants qui tentaient de réanimer Fatima Gossa contre sa volonté. Ces derniers l’avaient transportée à l’hôpital où elle a été intubée. Le personnel soignant lui avait également fait un massage cardiaque et fait ingurgiter une pléthore de médicaments. Fatima Gossa a rendu l’âme le soir même.

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