Le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé, récemment, un plan de relance de l'économie algérienne. Il a notamment évoqué la création de compagnies privées de transport aérien et maritime. Les investisseurs et les opérateurs économiques ont reçu cette annonce avec beaucoup d’enthousiasme, mais préfèrent attendre de connaître les modalités et le cahier des charges qui devront régir l’investissement de ce créneau stratégique, avant de se prononcer.

La nouvelle de l'ouverture prochaine du secteur du transport aérien et maritime à l’investissement privé national, pour casser le monopole de l’Etat, a été, certes, favorablement accueillie par les opérateurs économiques. Cependant, ces derniers espèrent que le cahier des charges, qui régira ce créneau, constituera un nouveau choix stratégique qui facilitera l’investissement et favorisera les compétences nationales.

Les professionnels du secteur du transport mettent en garde contre la réédition des erreurs du passé. Car, rappellent-ils, l’investissement privé dans le transport aérien avait déjà été autorisé en Algérie, au début des années 1991. Mais il a essuyé un coup d’arrêt dans le sillage du scandale de l’affaire Khalifa Airways, qui a éclaté en 2003.

Encourager l’investissement national pour barrer la route aux compagnies étrangères

Abdelmadjid Tebboune a affirmé, il y a une dizaine de jours, qu’il ne voyait « aucune objection, aujourd’hui, à ce que des investisseurs privés créent des compagnies de transport aérien et maritime de marchandises et de voyageurs ainsi que des banques », assurant que la situation actuelle profitait aux compagnies et armateurs étrangers.

En effet, il est primordial aujourd’hui que les pouvoirs publics favorisent la création de compagnies de transport privées, qui pourront prochainement émerger et se placer sur le marché national, dominé jusqu’à présent par les multinationales.

Il faut souligner que plusieurs dossiers pour la création de compagnies aériennes privées avaient été déposés par le passé, au niveau des instances concernées. En vain. Le transport aérien a été fermé à l’investissement privé national, mais ouvert aux compagnies étrangères, qui tiraient profit de cette situation.