Retournement de situation inattendu. Le méga projet pour la production de l’électricité à partir de l’énergie solaire "Desertec" est définitivement abandonné par l’Algérie. Cette décision a été annoncée par le ministre l’Energie, Abdelmadjid Attar, lundi 31 août. Le même ministre qui a fait état, le 18 juin à Alger, des concertations avec la partie en charge de l’initiative allemande "Desertec" pour le lancement des projets de centrales solaires.

Ainsi, deux mois après ces déclarations, le ministre se rétracte et change carrément de cap sans donner d'explications convaincantes. Abdelmadjid Attar s'est contenté de dire que « le Projet Desertec est dépassé. Il faut qu’on l’oublie ». Cette déclaration réaffirme la gestion improvisée des affaires économiques du pays, sinon comment peut-on affirmer qu'un projet est dépassé alors que deux mois auparavant le même ministre confirmait l’existence du projet ? Un tel projet peut-il être dépassé en deux mois ?

Abdelelmadjid Attar revient dans son intervention à l'origine du projet en 2010. Il a révélé que « les investisseurs étrangers dans le cadre de ce projet voulaient vendre à l’Algérie les équipements et la technologie pour l’exploitation des énergies renouvelables, en contrepartie, ils voulaient le gaz algérien ». Encore une révélation qui contredit les déclarations récentes du même responsable. Attar avait affirmé, en juin, que Sonelgaz avait effectivement entamé les concertations avec la partie allemande sur les projets de centrales solaires, y compris les aspects opérationnel et juridique. Les tractations n'ont-elles pas abouti ? Le ministre ne s'est pas exprimé sur cet aspect alors que c'est lui-même qui l'avait annoncé, en juin, devant les députés.

Sonatrach a signé un mémorandum d'entente avec les Allemands

Il faut aussi rappeler qu'au mois d'avril, la Sonelgaz avait signé, avec l’initiative « Desertec », un mémorandum d’entente pour élaborer une vision commune de coopération entre les deux parties. Dans ce mémorandum, la priorité a été donnée à la réalisation des études techniques détaillées des capacités de l’Algérie en énergie solaire, ainsi que la formation et la qualification de spécialistes algériens dans ce domaine.

Le ministre de l’Energie avait aussi présenté le projet comme un prélude de la mise en œuvre de la stratégie nationale de transfert énergétique de l’Algérie. Qu'est-ce qui a donc changé en deux mois pour enterrer ce projet ?

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