Le comité scientifique en charge de la lutte contre la propagation du coronavirus en Algérie n'est pas très chaud pour l'ouverture des frontières du pays. S'exprimant sur le sujet dans un entretien accordé au site francophone TSA, mercredi 2 septembre, Mohamed Bekkat Berkani, membre de ce comité, a laissé entendre que le moment n'est pas encore venu pour cette mesure.

Des voix s'élèvent ces quelques derniers jours pour demander la réouverture des frontières en Algérie. Ce n'est pas l'avis du comité scientifique, notamment le docteur Mohamed Bekkat Berkani qui affiche en effet une réticence quand à la levée de la mesure de fermeture des frontières algériennes. Pour lui, "la question sera de savoir quelle est la situation épidémiologique des pays avec lesquels nous estimons avoir des échanges importants, notamment en termes de circulation des personnes" a-t-il soutenu dans l'entretien en question.

Et de poursuivre : "Aujourd’hui, vous avez la France métropolitaine qui connait une recrudescence du nombre de cas. Les autres pays européens, notamment l’Espagne et l’Italie, sont dans la même situation. Au Maghreb, la Tunisie, avec laquelle nous partageons une frontière terrestre, connait une situation qui n’est pas très contrôlable. Ne parlons pas du Maroc qui est dans une situation très difficile. D’autres pays avec lesquels nous avons des échanges aériens importants, comme la Turquie, sont dans des situations difficiles aussi". Mohamed Bekkat Berkani estime de ce fait qu'il y a "risque d’avoir des voyageurs qui transportent le virus".

Il a rappelé dans ce sillage qu'en Algérie, "les premières contaminations ont été des « cas importés »".  Par conséquent, conclut-il, "je pense qu’il est préférable d’observer encore plus. Je crois que le gouvernement observe la situation pour pouvoir éventuellement prendre la décision d’ouvrir les frontières, avec probablement des préalables sanitaires".

Néanmoins, le même professeur a indiqué que le comité scientifique n'a pas été saisi sur cette question. Il rappellera à ce titre que cette question de réouverture des frontières relève des prérogatives du chef de l'Etat Abdelmadjid Tebboune, ou du moins de celles du Premier ministre Abdelaziz Djerad.