Un produit hautement inflammable se trouve en souffrance dans le port sec de Skikda. C'est ce que rapporte mercredi 2 septembre le quotidien El Watan, précisant qu'il s'agit de quarante conteneurs renfermant un million de litres d'un dérivé du kérosène destiné à l'exportation.

Selon la même source, il s'agit de quarante conteneurs d'un mélange de white-spirit, un dérivé du kérosène, bloqué depuis le 17 mars 2020 au port sec de Skikda. Le produit, hautement inflammable, était censé être exporté vers la Mauritanie, mais il est bloqué pour des considérations bureaucratiques, selon le patron de la société productrice et exportatrice.

Reda Maâchia, le gérant de Solvant Pain, une société spécialisée dans la transformation des produits pétroliers, dit avoir cru en l'appel du chef de l'Etat Abdelmadjid Tebboune, qui demandait aux Algériens de recourir à la presse pour dénoncer ce genre de blocages.

4 millions d'euros d'exportation en 2019

"Etant autorisée par le ministère du Commerce à fabriquer le diluant synthétique à base de white-spirit, notre société a pu participer à la relance économique du pays dans le domaine de l’exportation, par la transformation de ce produit contaminé, acquis chez Naftal, en tant que matière première pour les résines routières ; ce qui va nous permettre de faire rentrer des devises au pays, sachant que notre bilan d’exportation de 2019 fait état d’un chiffre d’affaires de près de quatre millions d’euros, rapatriés dans les délais", indique Reda Maâchia.

À lire aussi :  Le nombre de migrants clandestins vers l'Europe en forte hausse

En fait, si sa cargaison est bloquée au port sec de Skikda, c'est parce que les douaniers pensent qu'elle contient du kérosène pur. Ce que Reda Maâchia réfute catégoriquement. Les prélèvements effectués par les douaniers ont "confirmé" que la cargaison contenait du kérosène pur, mais le gérant de la société exportatrice a contesté les résultats des analyses et la compétence du laboratoire qui les a menées.

Plusieurs prélèvements pour des résultats différents

D'autres prélèvements ont été effectués et auront des résultats différents. C'est ce qui fera dire au responsable de la société qu'il s'agit d'un "acharnement administratif" contre sa société. Puisqu'il aura également affaire aux impôts et aux services de sécurité. Mais il sera entendu par le procureur qui a ordonné de nouvelles analyses "dans les meilleures conditions juridiques". Des analyses qui révéleront qu'il n'y avait aucun conteneur de kérosène, selon la même source.

Cela dit, un produit très dangereux, parce que hautement inflammable, n'est pas censé rester exposé à toutes les conditions climatiques qui risquent de provoquer une explosion pire que celle qui a endeuillé le Liban, le 4 août 2020. Les responsables de l'Etat en Algérie ne sont-ils pas supposés tirer les leçons des drames qui secouent notre planète et l'humanité ?

Lire aussi : Algérie : Des produits chimiques dangereux abandonnés à Bechar