Le tribunal de Sidi M'hamed a toujours montré une certaine réticence à fonctionner comme les autres tribunaux. Au point que les activistes du Hirak et les militants politiques suggéraient, avec beaucoup de sarcasme, que cette institution dépendait d'une autre République.

Comment ne pas le penser quand on apprend que ce tribunal d'Alger a reporté plusieurs procès ce jeudi 3 septembre. En l'occurrence ceux de 23 ex-détenus arrêtés durant les manifestations de 2019 et libérés provisoirement le 2 janvier 2020. Et ce, selon des publications du Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

En effet, selon le CNLD, le tribunal de Sidi M'hamed a reporté au 17 septembre le procès de 16 ex-détenus que les services de sécurité ont arrêtés le vendredi 13 septembre 2019. Libérés le 2 janvier 2020, ils devaient comparaître le 12 mars, mais leur procès a été renvoyé pour la septième fois ce jeudi. Reprogrammé pour avril, juin et juillet, le procès est de nouveau ajourné.

C'est le cas également de deux autres ex-détenus, Omar Bouchenane et Kamel Mesrouk, arrêtés le 5 octobre 2019 et libérés provisoirement le 2 janvier 2020. Après six reports, leur procès devait avoir lieu ce jeudi 3 septembre, avant que le tribunal ne décide de le reporter une septième fois, au 17 septembre.

Le ministère de la Justice explique les reports

Saïda Deffour et Fouad Ouicher, arrêtés le 22 novembre 2019 et libérés le 2 janvier 2020, comparaîtront aussi le 17 septembre, et ce, après six reports. C'est le cas également de Toufik Hassani et Mohamed Hellal dont le procès a été renvoyé ce jeudi au 17 septembre. Aussi, l'activiste Hakim Alloun, arrêté le vendredi 11 octobre à Alger, sera jugé le 17 septembre au lieu du 3 même mois, après trois ajournements.

A noter, enfin, que le ministère de la Justice justifie ces reports par la situation sanitaire de l'Algérie. Pour les décideurs de ce département, les conditions pour la tenue de procès sans risque sur la santé des présents ne sont pas encore réunies. Cela dit, beaucoup pensent que c'est un subterfuge pour garder l'épée de Damoclès sur la tête des activistes et les militants. Pour maintenir ce procès comme un moyen de pression sur les individus, donc sur le Hirak.

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