L’homme d’affaires algérien Issad Rebrab, fondateur et ex-PDG du groupe Cevital, est l’homme le plus riche d’Algérie et figure dans le Top 10 des hommes les plus fortunés du continent africain, selon le dernier classement du magazine américain Forbes. Aujourd’hui, nous allons revenir sur le parcours de cet homme d’affaires, comptable de formation, qui a fondé et dirigé pendant plus de vingt ans le premier groupe privé en Algérie.

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Des débuts à la création de Cevital

Né en 1944 à Taguemount Azzouz, dans l’actuelle wilaya de Tizi Ouzou, en Kabylie, Issad Rebrab a suivi des études à l’École normale d’enseignement professionnel et a commencé une carrière d’enseignant en comptabilité et droit commercial avant de créer son cabinet d’expert comptable en 1968.

Le futur milliardaire débute son ascension en 1971, lorsqu’il prend des parts dans la société Sotecom, spécialisée dans la construction metallurgique. En 1988, il crée sa propre société de sidérurgie sous le nom Metal Sider. Et c’est avec cette dernière qu’il commence à bâtir sa fortune à partir des années 1990. Issad Rebrab crée également, en 1992, l’entreprise Isla Mondial spécialisée dans le marché de la viande Halal. Cette dernière est aujourd’hui détenue par le groupe Cevital et est la troisième entreprise sur le marché Halal en France. En 1995, trois sites majeurs de l’entreprise Metal Sider sont visés par des attaques terroristes. Ces attentats occasionneront des dégâts matériels se chiffrant à plus de 6 millions d’euros actuels, selon les déclarations d’Issad Rebrab lui-même.

L’homme d’affaires, se sentant alors menacé, décide de quitter l’Algérie pour la France pendant quelque temps. Et c’est à son retour à son pays natal qu’il crée le groupe Cevital, en 1998. Ce groupe agro-alimentaire, aujourd’hui premier groupe privé en Algérie et premier exportateur algérien hors hydrocarbures, permet à Issad Rebrab de bâtir un véritable empire financier à partir du début des années 2000.

Succès et ouverture à l’international

Ainsi, l’une des premières réussites de Cevital a été de faire passer l’Algérie du statut d’importateur à celui d’exportateur d’huile végétale en l’espace d’une dizaine d’années. Le groupe agro-alimentaire couvre également l’essentiel de la demande de sucre dans le pays et fait de l’Algérie un exportateur de ce produit à partir du début des années 2010. Le sucre produit par Cevital est notamment exporté vers les pays africains, en Europe ainsi qu’au Moyen-Orient. Loin de s’arrêter à ces premières réussites, Issad Rebrab développe également ses activités à l’International.

En 2014, Cevital reprend les activités du français Brandt, spécialisé dans l’électroménager, et le chiffre d’affaires de ce dernier est multiplié par 3 en l’espace de seulement deux ans. En 2018, il se lance dans l’industrie pharmaceutique avec sa filiale Evcon, qui met au point une machine destinée à produire de l’eau d’une pureté encore jamais atteinte pour les besoins de cette industrie.

Polémiques

Mais au-delà de ses réussites, Issad Rebrab a suscité de vives polémiques. En 2015, l’homme d’affaires accuse les autorités algériennes, dont le ministre de l’Industrie de l’époque Abdesslam Bouchouareb, de bloquer les investissements de Cevital en Algérie. Abdesslam Bouchouareb, qui est aujourd’hui en fuite et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, répond en accusant à son tour l’homme d’affaires d’importer du matériel usagé pour le même prix que celui du neuf.

Issad Rebrab est également cité dans le scandale des Panama Papers. Il aurait créé, en 1992, une société offshore domiciliée aux îles vierges britanniques avec un capital de 50 000 Dollars. L’ex-PDG de Cevital a toutefois démenti être titulaire de comptes bancaires dans des paradis fiscaux. En avril 2019, il est arrêté et placé en détention à la prison d’El-Harrach. Jugé le 31 décembre de la même année, il est condamné à 18 mois de prison dont 12 avec sursis, ainsi qu’à une amende de plus de 10 millions d’euros pour “surfacturation d’équipement”, “transfert de capitaux vers l’étranger” et “importation de matériel usagé”. Ayant purgé plus de la totalité de sa peine de six mois de prison ferme, Issad Rebrab est libéré le 1er janvier 2020 et a toujours démenti être impliqué dans les faits qui lui sont reprochés.

Enfin, avec les réussites et les polémiques qu’il a suscitées, Issad Rebrab divise les opinions. Qualifié de visionnaire par ses admirateurs, ou de loup par ses détracteurs, il reste toutefois un modèle de réussite dans le monde algérien des affaires.