Il existe en Algérie 20 000 détenteurs de diplômes de magistère (ou master) et de doctorat vivant dans la précarité. Ils exercent en tant que vacataires dans différents établissements universitaires du pays. Lundi 21 septembre, ils ont exprimé leur ras-le-bol en se rassemblant devant l’APN, à Alger.

Selon le quotidien El Watan qui rapporte l’information, les enseignants vacataires qui devaient se rassembler à Alger entendent exiger leur recrutement effectif. Et ce, pour en finir avec ces vacations qui perdurent et éternisent la précarité de ces universitaires.

Mobilisés autour de la Coordination nationale des enseignants vacataires (CNEV), les protestataires dénoncent la non-consistance des discussions que la Coordination a eues avec le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur. “Le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur s’est contenté de rassurer nos représentants, sans s’engager sur un programme pour le recrutement des enseignants vacataires, qui est notre principale revendication”, a affirmé sur les mêmes colonnes Nabil Yahiaoui, membre de la CNEV.

La précarité s’accentue tous les ans

C’est une situation qui dure depuis des années, et chaque année enregistre l’arrivée de nouveaux diplômés. Cela accentue encore et toujours la précarisation des enseignants. Selon les membres de la CNEV, dans certains établissements universitaires, les enseignants vacataires sont plus nombreux que les enseignants permanents.

Selon le ministre de l’Enseignement supérieur, Abdelbaki Benziane, qui s’exprimait devant les députés de l’Assemblée nationale, le recrutement des titulaires de diplômes de master et de doctorat sera renforcé dans les plus brefs délais avec 2 800 nouveaux postes budgétaires. Mais cela n’a pas soulagé les protestataires qui se disent convaincus que le chiffre annoncé sera mal réparti.

2 800 postes budgétaires annoncés, mais…

“Les 2 800 postes budgétaires annoncés seront absorbés par les diplômés en médecine. Les spécialistes en sciences humaines et les autres resteront d’éternels vacataires”, se plaint un enseignant de Constantine. Pour ces enseignants vacataires titulaires de diplômes de magistère (ou master) et doctorat, l’Etat doit appliquer la réglementation en vigueur.

Au sein de la CNEV, il est aussi exigé l’intégration progressive des enseignants vacataires. “Nous ne demandons pas le recrutement des 20 000 diplômés d’un seul coup. Nous savons que cela est irréalisable. Par contre, mettre en place des quotas pour un recrutement progressif de toute cette masse d’enseignants précarisés est possible”, affirme, sûr de lui, Nabil Yahiaoui.