Le « Pacte pour les migrations » annoncé mercredi 23 septembre par la Commission européenne est un changement drastique de la gestion des flux migratoires. Cette nouvelle reforme prévoit notamment un durcissement des expulsions des migrants irréguliers, des contrôles accrus aux frontières extérieures et une accélération des procédures de délivrance de visas Schengen.

Les pays de l’Union européenne veulent surtout faciliter et accélérer les expulsions des sans-papiers, dont les Algériens, qui se trouvent dans l’espace Schengen. Les Etats membres de l’UE seront soutenus financièrement pour l’accueil ou la reconduite des migrants en situation irrégulière dans leur pays d'origine.

En première ligne des arrivées de migrants, Malte a réaffirmé que l'intensification des expulsions était essentielle pour l'Europe. « Renvoyer ceux qui n'ont pas droit à l'asile est crucial. La solidarité ne doit pas être optionnelle », a déclaré le Premier ministre, Robert Abela.

Moins de coopération, moins de visas

La Commission européenne souhaite intensifier les relations avec les pays d'origine des migrants. Un plan de lutte contre le trafic d'êtres humains devrait être engagé sur la période 2021-2025, accompagnant et finançant les pays tiers qui luttent contre les réseaux de passeurs.

L'accès au visa Schengen serait également facilité pour les Etats qui accueillent leurs ressortissants expulsés. En revanche, les pays les moins coopératifs auront mois de visas. Un poste de coordinateur des retours serait créé pour superviser ces échanges.

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L’Algérie appelée à coopérer avec l'UE

Selon des sources bien informées, du côté de l’Europe, l’urgence semble être l’expulsion des ressortissants illégalement entrés dans l’espace Schengen. Quelque 7 pays, dont l’Algérie, mais aussi le Maroc, ont été interpellés par la France pour d’éventuelles expulsions de leurs citoyens en séjour illégal sur le sol français. La coopération dans ces expulsions sera prise en compte dans la facilitation des visas Schengen de court séjour.

Les propositions présentées par la Commission européenne doivent maintenant être discutées par le Conseil et le Parlement européen. Deux conseils d'Affaires intérieures pourraient en débattre d'ici la fin de l'année 2020. La Commission européenne espère une entrée en vigueur du pacte en 2022.