Une Algérienne établie en France raconte le long calvaire auquel elle fait face pour échapper aux multiples violences conjugales qu’elle subit. Prénommée Meriem, elle a porté plainte contre son époux pour violence, viol et maltraitance. Mais par manque de preuves, elle se retrouve contrainte de vivre avec lui sous le même toit, rapporte, ce mardi 13 octobre, le média français Le Parisien.

Représentée par son avocate Marie Isis, Meriem, 26 ans et mère d’un bébé d’une année, est, indique le journal français, le symbole même de la difficulté à traiter les procédures de violences conjugales en France. Faute de preuves nécessaires, la jeune femme est obligée de vivre avec l’homme contre lequel elle a porté plainte pour violence, viol et maltraitance conjugale. 

En effet, la jeune maman a déposé plainte contre son époux auprès du commissariat de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) pour violences domestiques et viol. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Nanterre. Quelques jours plus tard, une confrontation entre la jeune femme et son époux a eu lieu. Le mari a regagné le domicile conjugal, par manque de preuves. 

Victime d’un viol conjugal

L’avocate de la plaignante, Marie Isis, dénonce un dysfonctionnement judiciaire. Persuadée du danger imminent qui guette sa cliente, l’avocate use des éléments en sa possession pour faire pression sur les autorités décisionnelles. D'autant plus que lors de la même confrontation, le mari a laissé croire qu’il avait entretenu une « relation sexuelle non consentie » avec sa femme.

La jeune algérienne a témoigné que les violences conjugales avaient débuté juste après leur mariage, en 2017. Ces violences se seraient accentuées après la naissance "non-désirée" de leur enfant, âgé aujourd'hui d’une année. Meriem dit vivre dans la peur et la contrainte depuis.

Par ailleurs, la procureure de Nanterre, Catherine Denis, a précisé que « même dans les affaires de violences conjugales, on ne peut faire l’impasse sur la preuve. La version de la jeune femme n’est pas pour l’instant corroborée par l’enquête de voisinage et elle a refusé un examen médico-légal. L’enquête continue ».

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