Le licenciement abusif de 24 employés sans-papiers par la startup française « Stuart » a soulevé une vague d’indignation en France. Parmi ces travailleurs sans titre de séjour, des Algériens qui étaient au premier rang durant la crise sanitaire. Selon L’Obs qui a rapporté l’information mardi 13 octobre, l’entreprise spécialisée dans la livraison a « déconnecté » les livreurs concernés de son application métier sans leur apporter la moindre explication.

Face aux critiques, Stuart a tenté de justifier sa décision par « son engagement contre la fraude ». Alors que la situation de ces travailleurs sans-papiers n’avait pas posé de problème lorsqu’ils ont été engagés, « il y a trois ans ». Lors de la procédure de leur recrutement, ils n’avaient pas besoin de présenter un titre de séjour. Ils n’avaient à leur disposition que des passeports algériens, comme le rapportent deux d’entre eux.

La même source rappelle que ces coursiers ont livré médicaments, repas ou bien jeux vidéo, en plein crise sanitaire du coronavirus. C’est pourquoi ces employés portent le sentiment d’avoir été « exploités ». Car ils étaient au front quand la France tournait au ralenti au moment du confinement.

Des associations de soutien aux migrants se sont indignées face à cette décision. Elles rappellent que le gouvernement français avait été jusqu’à évoquer la possibilité de faciliter la régularisation des travailleurs sans-papiers « en première ligne » à cette période.

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Cependant, le parlement français a rejeté ensuite la proposition de la régularisation temporaire mais renouvelable de 300 000 sans-papiers. L’amendement visait à régulariser les sans-papiers disposant d’une promesse d’embauche.

Pour rappel, le député français d’origine maghrébine M’jid El Guerrab avait appelé le gouvernement français à prendre cette décision forte. Il a invité les autorités publiques à ouvrir un grand débat sur la question des sans-papiers en France, « en sortant des postures politiciennes pour penser l’avenir de la France ». Outre les arguments économiques, le parlementaire français en a appelé  à « l’humanité » du gouvernement.

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