La France envisage d’appliquer une réduction « ciblée » du nombre de visas attribués aux pays qui refusent de reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière et soupçonnés de radicalisation. C’est le cas notamment de l’Algérie qui a rejeté la liste des « Français d’origine algérienne fichés pour radicalisme » que la France désire expulser vers leur pays d’origine.

Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Clément Beaune, a annoncé, lors de l’émission « Le Grand Rendez-vous » sur Europe 1, que le gouvernement français envisageait une réduction « ciblée » du nombre de visas attribués aux pays qui refusent de reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière et soupçonnés de radicalisation.

« Il faut dire à ces pays qu’ils doivent reprendre les personnes qui sont identifiées comme leurs ressortissants », a déclaré Clément Beaune. « Nous avons des leviers pour le faire, par exemple les visas (…) en ciblant des responsables politiques, des responsables économiques. Oui, c’est un des leviers que le président de la République, que le ministre de l’Intérieur envisagent », a-t-il ajouté. Clément Beaune a insisté sur la nécessité d’une action concertée avec les autres pays européens, notamment de l’espace Schengen, pour une meilleure efficacité.

« A un moment, il faut être concret, efficace (…). On respecte nos partenaires mais en Européens, avec nos partenaires européens, on doit mettre cette pression », a-t-il insisté. « Là aussi, il faut sortir de la naïveté, il faut passer par une action européenne parce que nous sommes plus forts dans ces pressions », a-t-il encore martelé.

Pour rappel, lors de sa visite de travail en Algérie, le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a présenté une liste de personnes radicalisées algériennes ou d'origine algérienne, que l’Algérie refuse catégoriquement d’accueillir.

L’Algérie a argué que cette liste contenait des noms d’Algériens nés en France. Il ne s’agit nullement de migrants clandestins ou de Harraga. Ce sont des individus impliqués dans des actes de violence ou de terrorisme nés en France, mais dont les parents sont d’origine algérienne.