Un jeune Algérien du nom d'Oussama s'est livré au site Info Migrants sur l'acharnement qu'il a subi, lui et sa femme, de la part de leurs proches en Algérie, à cause de ses convictions philosophiques. Un calvaire qui l'a amené à fuir son pays pour l'Europe. Sur les mêmes colonnes, il déplore également le texte de loi sur le droit d’asile en France qui, dit-il, lui a gâché deux ans de sa vie

Oussama, âgé de 28 ans, révèle qu’il était le seul athée de sa famille. Une situation qui a alambiqué ses relations avec ses proches. « En Algérie, j'étais la honte de la famille », regrette-t-il. Le jeune migrant confie qu’il s’est marié avec une femme musulmane et il était obligé de cacher à sa belle-famille ses convictions. « J'ai fait croire à ma belle-famille que je pratiquais », avoue-t-il

Cependant, au bout de quelque temps, les proches de sa femme ont découvert qu’il ne faisait plus la prière. Ils ont, alors, fait « pression » sur son épouse pour qu’elle demande le divorce. « Son père et ses oncles l'ont frappée [sa femme] alors qu'elle était enceinte de 3-4 mois. À cause des coups, elle a perdu le bébé. Puis, ils l'ont séquestrée, je ne l'ai pas vue pendant 20 jours », se désole-t-il encore.

En 2017, le couple décide de quitter définitivement l’Algérie

Le jeune couple décide alors de déposer, en 2017, une demande de visa touristique pour l’Espagne, plus facile à obtenir qu’une demande de visa pour la France. Une fois arrivés à destination, Oussama et son épouse prennent le train pour Paris, sans savoir quoi faire pour obtenir le droit d’asile. Ils ont été obligés de vivre, pendant trois mois, à la rue. En mars 2018, bien renseignés sur la procédure, ils déposent une demande d’asile et cinq mois plus tard, ils reçoivent une réponse de la part de la préfecture. A leur grand étonnement, ils apprennent que, selon le règlement de Dublin III sur le droit d’asile, ils doivent repartir en Espagne, le premier pays où ils s’étaient rendus.

« Notre but, c'était la France. On a donc attendu 18 mois avant d'avoir le droit de faire une demande d'asile en France », se plaint Oussama. Pendant tout ce temps, le jeune couple mangeait grâce aux Restos du Cœur, au Secours populaire, et, parfois, grâce à la générosité des gens, mais ça ne les a jamais dissuadés de quitter l’Europe pour revenir en Algérie. A la fin de cette période, Oussama et son épouse ont pu déposer une demande d’asile à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) qu’il leur a accordé, en 2020, le statut de réfugiés. « En tout, cette période a duré presque deux ans de nos vies. Du gâchis ! » regrette Oussama.

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