La fermeture des frontières dans le monde suite à la propagation de la pandémie de coronavirus a causé le déchirement de beaucoup de familles en France, à l'instar des autres pays touchés par le coronavirus. Face à cet état de fait, des associations de l'Hexagone dénoncent la politique de l'« immigration choisie ». 

Le journal Le Monde a relayé le cas d'une famille algérienne qui s'est vu déchirée depuis la fermeture des frontières. Il s'agit de la famille de Kahina, une jeune femme qui a dû donner naissance à une fille sans la présence de sa famille.

Si cette femme a dû affronter les souffrances d'un accouchement toute seule, c'est parce que ses proches, restés en Algérie, étaient dans l'impossibilité de la rejoindre en France. Une semaine après la naissance de son premier enfant, Kahina a dû vivre d'autres moments difficiles suite à des complications liées à sa grossesse. Là encore, pas de soutien familial. Une épreuve d'autant plus difficile qu'elle avait maintenant un bébé dans les bras. « Je me souviendrai toute ma vie de ce moment, il n’y avait personne à la maison, j’ai pleuré toute la journée », se souvient cette Algérienne de 35 ans qui vit et travaille en France comme auxiliaire de vie auprès des personnes âgées.

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N'était la suspension des liaisons maritimes et aériennes, la famille algérienne se serait réunie pour la venue au monde de ce bébé. Le mari de Kahina a obtenu le droit au regroupement familial le 10 juillet dernier, suite à un avis favorable du préfet. Cependant, depuis le début de la crise sanitaire due au coronavirus, une partie des procédures est bloquée et certains visas nécessaires pour entrer en France ne sont pas délivrés. Le mari de Kahina a donc découvert sa fille à travers l’écran de son téléphone, de son village situé près de Tizi Ouzou, en Kabylie.

Plusieurs centaines de familles ayant obtenu le droit au regroupement familial, ou à la réunification pour les réfugiés, sont toujours séparées depuis la fermeture des frontières, au mois de mars. Depuis, de nombreuses catégories de personnes ont obtenu la possibilité de rejoindre l’Hexagone. Parmi elles, les conjoints et enfants de ressortissants français, mais aussi certains étudiants, enseignants, chercheurs et salariés étrangers.

En revanche, les familles des résidents étrangers qui sont installés légalement en France ne figurent pas sur cette liste de dérogations. Elles se voient donc refuser l’instruction de leur demande de visa, dernière étape nécessaire avant de procéder au regroupement familial. En l’absence d’égalité, des associations dénoncent la politique de l'« immigration choisie ».

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