Le ministre délégué à l'Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, a accusé ce qu'il appelle les « lobbys de l'importation » d'être derrière la « pénurie » que connaissent certains médicaments en Algérie. Pour lui, ce sont ces lobbys qui sèment le doute sur la qualité des médicaments produits localement.

En effet, Lotfi Benbahmed a affirmé, samedi 5 décembre, que les médicaments manquants dans les pharmacies étaient en réalité disponibles dans leurs versions produites localement. Mais les lobbys de l'importation font croire que le produit national n'est pas fiable. Et ils sont quelques centaines de médicaments à être concernés par cette pénurie réelle ou préfabriquée.

« Les médicaments qu'on présente comme non disponibles sont généralement produits localement », a indiqué le ministère de l'Industrie pharmaceutique à l'agence officielle, l'APS. Il précisera dans ce sens que les « lobbys de l'importation tentent de semer le doute » dans l'esprit des Algériens. Pour lui, ce sont ces lobbys qui préfèrent les produits importés, en faisant croire que les médicaments non importés sont automatiquement indisponibles en Algérie.

Surfacturation à l'importation

Lotfi Benbahmed va plus loin dans ses accusations. Pour lui, ceux qui crient à l'indisponibilité de médicaments le font intentionnellement, et ce, dans le but de saper les efforts du ministère dans la lutte contre la surfacturation dans l'importation et dans le développement de la production nationale.

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Il considère, de ce fait, que sa politique dérange beaucoup ces lobbys, car elle a révélé les agissements de plusieurs entreprises qui pratiquaient la surfacturation. Certains médicaments étaient facturés 130 fois leurs prix, accuse le ministre à l'Industrie pharmaceutique.

Entre le SNAPO et le ministère...

En fait, les propos du ministre Benbahmed viennent quelques jours après ceux du président du Syndicat des pharmaciens (SNAPO), Messaoud Belamri, qui a évoqué l'indisponibilité de plus de 300 médicaments sur le marché en Algérie. Il faut dire qu'entre le Syndicat et le ministère, l'entente n'est pas toujours de mise.

« Cette pénurie est réelle, on ne peut pas le nier, nous n’avons jamais atteint cette pénurie de médicaments. Il y a 302 médicaments qui sont absents, tous nécessaires et répartis entre la production locale ainsi que ceux de l’importation », a affirmé le président du SNAPO sur les ondes de la radio chaîne I.

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