La justice française a rejeté les demandes d'indemnisation de deux fils de harkis algériens. Yamina, 69 ans, et Abdelhamid, âgé de 60 ans, réclamaient respectivement 120 000 et 200 000 euros, pour les années qu’ils ont passées dans les camps de harkis en France, après l'indépendance de l'Algérie. 

Selon La Nouvelle République, qui a rapporté l’information jeudi 10 décembre, le tribunal de Poitiers a débouté les deux fils de harkis algériens. Le rapporteur public a conclu au rejet de leurs requêtes. La dette de l’État à leur égard serait prescrite depuis 1981 pour l’une et depuis 1982 pour l’autre. Le verdict définitif sera rendu le 7 janvier prochain.

Les deux fils de harkis algériens réclamaient respectivement 120 000 et 200 000 euros à l’Etat français. Yamina, née en 1951, a passé 13 ans, de 1963 à 1976, dans les camps de harkis, où ces Algériens qui avaient choisi de servir la France étaient parqués sans le moindre égard, privés de tout, y compris d’éducation pour les enfants.

Quant à Abdelhamid, âgé aujourd’hui de 60 ans, il est passé de camp en camp de 1962 à 1975. Son avocat, Me Hervé Peilberg, a fait valoir que son client souffrait de troubles psychiatriques liés à son séjour dans les camps, et que ces troubles étaient toujours d’actualité.

À lire aussi :  Voici le Top 10 des youtubeurs algériens les plus suivis

Fin 2018, le Conseil d’État français faisait naître un grand espoir chez les fils et filles de harkis ayant passé leurs jeunes années dans les camps mis en place par la France après la fin de la guerre d’Algérie.

La plus haute juridiction française confirmait, dans un arrêt, que les conditions de vie faites dans ces camps aux anciens supplétifs de l’Armée française ayant réussi à passer en métropole et à leurs familles étaient « indignes ». Cette décision historique a ouvert la porte aux enfants de harkis de saisir les tribunaux administratifs pour demander des indemnités.