La dépouille de l’archevêque franco-algérien Mgr Henri Teissier a été rapatriée en Algérie pour y être inhumée. Durant plus de deux jours, des témoignages d’amitié se sont succédé pour rendre hommage à « un homme de foi qui a voué sa vie aux Algériens », indique, mercredi 9 décembre, le média francophone La Croix.

Les obsèques de l'archevêque français ont été organisées au niveau de la basilique Notre-Dame d’Afrique (Alger). Depuis son décès, dû à un AVC, l’Algérie n'a pas cessé de s'incliner à la mémoire du regretté. Mgr Henri Teissier a tiré sa révérence mardi 8 décembre à Lyon à l'âge de 91 ans. Il laisse le souvenir d’un pasteur engagé, aimant, attentif, courageux.

Un vaillant archevêque qui a survécu à la décennie noire

Pour l’archevêque d’Alger, Mgr Paul Desfarges, qui présidait les obsèques, le corps ainsi que la vie de Mgr Henri Teissier « appartiennent à la terre et au peuple algériens ». Pendant l’homélie, Mgr Jean-Paul Vesco, évêque d’Oran, a rappelé, de son côté, le courage dont a fait preuve l’archevêque émérite durant la décennie noire, lors de laquelle dix-neuf religieux et religieuses avaient été assassinés.

L’évêque d’Oran, Mgr Vesco, a cité un ancien coopérant ayant survécu à la décennie noire aux côtés d’Henri Teissier : « Comme Marie au pied de la croix, le cœur d’Henri a été transpercé 19 fois par un glaive. Mais comme Marie au cénacle, cette épreuve n’a pas eu raison de son espérance contre toute espérance. Le pasteur, meurtri jusqu’à l’âme, est resté debout, pour la communauté », s'émeut-il. Il ajoute : « Le voir vivre et agir au quotidien a été un grand enseignement. Il m’a appris l’altérité, le dialogue, la persévérance, l’espérance, le courage, l’humilité, la résilience, l’amitié, la foi ».

Des hommages émouvants

Par ailleurs, à la cathédrale Saint-Jean à Lyon, l’ambassadeur d’Algérie à Paris, Mohamed Antar Daoud, a dit que « l’Algérie perd l’un de ses dignes fils, le pleure et partage pleinement la douleur de sa famille et de tous ceux qui comptaient pour lui et l’appréciaient, lui, l’inlassable berger de la foi catholique chrétienne, épris d’humanité et pour qui les hommes, quels qu’ils soient et d’où qu’ils proviennent, étaient d’égale valeur. »

Quant à l’ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette, il se souvient d'un religieux engagé doté du bon sens : « De son existence, nous pourrions retirer un prodigieux impératif : nos mouvements engagent les autres », se remémore-t-il.

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