L’écrivain franco-algérien Mabrouck Rachedi fait de l’acceptation de la pluralité culturelle en France son cheval de bataille. Dans ses romans, adressés à la jeunesse, il traite de l’identité « comme un concept qui se construit », dit-il dans un court entretien accordé à France Info. 

A la question de savoir si la définition « franco-algérien » lui convient, Mabrouck Rachedi, dans un langage limpide, rétorque que tout lui va, car, selon lui, l’identité est « quelque chose qui se construit ». « Tout me convient : français, franco-algérien, français d’origine algérienne… Je pense que l’identité est quelque chose qui se construit. J’assume tous les pans de mon identité », a-t-il confié dans son interview publiée samedi 12 décembre sur le site de France Info. A travers les protagonistes de ses romans à consonance maghrébine (Malik, Malika, Selim, Krimo, Omar), il va au fond de la question d’identité mais aussi de mémoire.

« La question d’identité est cruciale pour les jeunes »

Ce sont aussi ses expériences, plus jeune, qui l’ont amené à vouloir approfondir la thématique de l’identité dans ses romans. Des livres destinés exclusivement aux jeunes et via lesquels il raconte la France qu’il vit, riche de son immigration. « La question d’identité est vraiment cruciale. J’écris pour la jeunesse justement pour ça, pour aborder des questions à des âges un peu cruciaux où l’identité est fragile et en construction », confie encore cet auteur natif de Paris.

« C’est un point aveugle. À cet âge-là, c’était, en gros, à moi-même de me poser les questions, mais dans les programmes de l’Éducation nationale, quasiment rien. Dans les livres, pareil, je n’avais pas forcément accès à beaucoup de livres où il y avait des personnes qui avaient des noms à consonance étrangère », se souvient-il.

Ainsi, l’écrivain d’origine algérienne, qui dit faire « acte d’engagement » en faveur des minorités culturelles très peu représentées, tient également à aborder les questions de racisme, de discrimination, de stéréotypes de genre et de rapports police-habitants lors de ses ateliers d’écriture. Des manifestations culturelles lors desquelles il débat avec des jeunes qui souffrent de l’exclusion sociale.

Lire aussi : Algérie-France : Du nouveau concernant le dossier de la mémoire