Le gouvernement algérien est-il sur le point d'offrir les lignes aériennes intérieures à une société émiratie ? C'est la porte-parole du Parti des Travailleurs (PT), Louisa Hanoune, qui a lancé, samedi 19 décembre, cette grave accusation qui constitue une révélation susceptible de provoquer un tollé en Algérie.

"Nous avons des informations sur la volonté du Gouvernement de privilégier une société émiratie, dans le cadre d'un contrat pour l'exploitation des lignes intérieures", a accusé Louisa Hanoune à l'occasion d'une réunion de la commission ouvrière du PT, tenue au siège du parti. Air Algérie serait la seule perdante dans cette démarche.

A ce titre, la cheffe du PT n'a pas manqué d'exprimer son opposition à cette éventualité. Elle considère l'idée de confier le transport aérien domestique aux Emiratis comme une "provocation inacceptable", notamment en raison du rôle qu'elle qualifie de nuisible des Emirats arabes unis. Et particulièrement dans la question de la normalisation avec Israël.

Louisa Hanoune ne dit pas d'où est venue cette information. Elle ne dit pas non plus que c'est une information officielle et confirmée. Elle dit seulement qu'elle est "en possession de ces informations". Il faut dire que la secrétaire générale du PT n'est pas en odeur de sainteté avec les Emirats et leurs "fidèles" en Algérie. L'on se rappelle que le défunt chef de l'Armée algérienne Ahmed Gaïd Salah était proche des Emirats et Louisa Hanoune n'a jamais caché son hostilité à l'homme accusé d'être derrière son emprisonnement.

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Cette déclaration intervient plus de deux mois après que le ministre des transports, Lazhar Hani, a dévoilé le plan de développement de son secteur. Un plan qui préconise l'ouverture du secteur aérien aux opérateurs privés et la perte par Air Algérie du monopole. Une ouverture qu'il a qualifiée d'irréversible et qui touchera également le transport maritime.

Plus tard, il s'est avéré qu'il était question de créer une nouvelle compagnie aérienne pour séparer les vols internationaux et ceux domestiques. L'on reproche à Air Algérie de ne pas s’être adaptée aux changements et autres développements en cours dans le secteur.

"Les grandes compagnies qui n’évoluent pas avec leur environnement risquent de disparaître", disait, début octobre, le même ministre. L'Etat algérien a-t-il laissé tomber l'idée de créer une compagnie aérienne pour les vols domestiques au profit d'une compagnie des Emirats arabes unis ?

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